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21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 09:28
Paris, le lundi 15 avril 2013 Les syndicats de médecins libéraux et l’Assurance maladie ont en 2011 jeté les bases d’un dispositif généralisé de paiement à la performance (P4P). A la différence de son ancêtre le CAPI (contrat d’amélioration des pratiques individuelles), le P4P ne repose pas sur le volontariat et doit concerner (à terme) une grande partie des praticiens. Seuls ceux ayant avant fin 2011 fait explicitement connaître leur refus d’y participer ne sont pas inclus .Ils ont été moins de 6 % dans ce cas, souvent plus par ignorance que par réelle adhésion, plaident les opposants au système. 29 objectifs La « rémunération sur objectifs de santé publique » (ROSP) repose sur la réalisation de 29 indicateurs différents et indépendants séparés en deux volets : qualité de la pratique médicale (suivi des pathologies chroniques, prévention et optimisation des prescriptions) et organisation du cabinet. Les premiers ne concernaient en 2012 que les seuls médecins traitants, mais des spécialités supplémentaires ont pu et pourront s’y ajouter en fonction des avenants à la convention (comme c’est le cas depuis mars 2012 pour les cardiologues et depuis janvier 2013 pour les gastro-entérologues). L’organisation du cabinet concerne l’ensemble des médecins. A chaque indicateur correspond un nombre de points, maximum si l’objectif est atteint, tandis que « le nombre total de points obtenu est multiplié par la valeur du point fixée à 7 euros sur la base d’une patientèle moyenne de 800 patients » explique l’Assurance maladie. Des primes un peu plus élevées que prévu Alors que les premières primes ont commencé la semaine dernière à être versées aux intéressés, l’Assurance maladie a présenté un premier bilan de la ROSP. « Nous sommes plutôt satisfaits de la manière dont le dispositif évolue. Les médecins atteignent leurs objectifs à 50 %. Il y a même 10 % d’entre eux qui sont au-delà de 65 % d'atteinte des objectifs » a déclaré d’emblée le professeur Hubert Allemand médecin conseil de la CNAM. Au total, l’ensemble des médecins devrait recevoir une prime de 3 746 euros en moyenne. Pour les médecins traitants, elle s’élèvera à 4 752 euros. Pour les praticiens comptant plus de 200 patients les ayant choisis comme médecin traitant, la prime atteindra en moyenne 5 363 euros. Enfin, pour les 10 % de ceux ayant rempli leurs objectifs à plus de 65 %, le bonus atteindra plus de 9 000 euros ! Ces résultats sont un peu supérieurs aux estimations de la CNAM qui selon le Quotidien du médecin tablait sur une prime de 4 500 euros par an sur la base d’une patientèle moyenne de 800 personnes. L’informatique, c’est fantastique ! Les médecins auraient donc joué le jeu si l’on en juge par le montant des primes et la satisfaction affichée par la CNAM. Dans le détail, cependant, c’est surtout le volet « organisation du cabinet » qui témoigne des plus importantes améliorations. En la matière, l’Assurance maladie se félicite de l’émergence d’un « mouvement de modernisation de la médecine générale ». Désormais par exemple, 73 % des omnipraticiens et 62 % des médecins ont établi des dossiers médicaux informatisés. L’utilisation de logiciels d’aide à la prescription médicalisée concerne en outre 64 % des généralistes (et 48 % de tous les médecins). « C’est une avancée considérable. En un an et demi, le niveau d’informatisation est passé de 50 % et 70 % », s’est félicité le patron de la CSMF, Michel Chassang. Pratiques : résultats contrastés Concernant les indicateurs visant la pratique, les résultats sont moins spectaculaires. En matière de suivi des pathologies chroniques, l’UNCAM se félicite cependant de l’augmentation de 6 % du taux de patients diabétiques ayant bénéficié de trois ou quatre dosages de l’hémoglobine glyquée (HbA1C) dans l’année. On note également une progression de 4 % du nombre de patients diabétiques à haut risque cardiovasculaire recevant un traitement par aspirine à faible dose. Mais sur le terrain de la prévention, l’UNCAM admet elle-même que « les évolutions sont contrastées ». Si en matière de lutte contre la iatrogénie médicamenteuse, des résultats encourageants sont observés (en ce qui concerne la prescription des vasodilatateurs ou des benzodiazépines), les dépistages du cancer du sein et du col de l’utérus n’ont guère la côte, de même que la vaccination contre la grippe, encore en recul. Enfin, concernant l’optimisation des prescriptions, l’Assurance maladie se félicite, entre autres, de la progression de la pénétration des médicaments génériques. Critiques nombreuses et inaudibles Autant de résultats qui ne devraient pas permettre de convaincre les opposants au P4P dont les critiques sont très nombreuses. Du côté des syndicat hostiles, telle la Fédération des médecins de France (FMF), on estime qu’il s’agit d’un dispositif visant à masquer les diminutions de tarifs ou tout au moins leur gel. Les économistes pour leur part s’interrogent sur la pertinence financière d’un tel dispositif citant le triste exemple du CAPI (ayant coûté 12 millions d’euros pour 6 millions d’économie). Enfin, les spécialistes de santé publique ne sont guère convaincus d’un système dont l’efficacité n’a jamais été démontrée (notamment à l’étranger) et dont les effets pervers pourraient être pour leur part certains. Des critiques que l’Assurance maladie a su contourner en postulant sur l’adhésion au dispositif en l’absence de refus motivé ! Aurélie Haroche

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Published by Chronimed
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