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6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 09:38
Jean-Luc Harousseau explique qu’« un nouveau médicament aussi efficace mais plus dangereux qu'un produit existant ne devrait pas être remboursé. Ce nouvel outil sera éventuellement mis en œuvre dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2013 ». Yves Mamou relève sur une page du Figaro que « les nouvelles thérapies ciblées contre le cancer ont un prix de vente qui oscille entre 2 500 et 4 500 € la boîte. Ce qui situe le coût du traitement entre 35 000 et 50 000 € par an ». Le journaliste s’interroge : « Peut-on fixer une limite aux dépenses contre le cancer ? La question se pose de manière brûlante ». Yves Mamou observe ainsi que « lors du dernier congrès de cancérologie aux États-Unis, à Chicago en juin, de nouvelles molécules encore plus coûteuses ont été présentées. Pour nombre d’entre elles, le bénéfice en termes de survie est souvent mince. Quelques-unes représentent des vraies révolutions. Trente ou 50 jours en moyenne de vie en plus valent-ils que l’on dépense autant ? ». « Cette question pose en réalité la question des limites de la solidarité entre les bien portants et les malades, laquelle ne peut être réglée sans un large débat public », continue le journaliste. Yves Mamou rappelle qu’« une meilleure connaissance des mécanismes biologiques de cette maladie a fait naître des espoirs sérieux de guérison. Des crédits importants financent les recherches de près de 5 000 scientifiques répartis entre l’Inserm, le CNRS, le CEA, etc. L’an dernier, 732 millions d’euros de dépenses nouvelles ont été inscrites au plan cancer 2009-2013. Parallèlement, des sommes croissantes vont à la prise en charge des patients ». Le journaliste continue : « Les médicaments ont en 2010 engendré une dépense qui oscille entre 2,2 milliards d’euros et un peu moins de 3 milliards d’euros. En réalité, les chiffres manquent de précision en raison de la complexité des systèmes de distribution, du coût des traitements contre les effets secondaires, des réductions de prix apportées par les quelques molécules aujourd’hui génériquées […] ». « Une chose est sûre : les dépenses liées au médicament anticancer sortent de la marginalité. Une quarantaine de médicaments sont aujourd’hui commercialisés, mais plus de 50% du coût est imputable aux thérapies ciblées. […] Quand le marché global du médicament stagne à 0% de croissance, les ventes d’anticancéreux augmentent en valeur de 6% (6,4% en 2010, par rapport à 2009) », poursuit Yves Mamou. Le journaliste explique en outre que « l’arrivée des médicaments anticancer sur le marché passe par deux sas. Celui de la commission de la transparence, qui évalue le rapport bénéfice-risque du médicament et celui du Comité économique des produits de santé, qui fixe un prix de remboursement en fonction du bénéfice médical que lui reconnaît la commission de la transparence ». « La règle adoptée aujourd’hui par la commission de la transparence semble être de refuser un produit en dessous de 6 mois en plus d’espérance de vie. Reste ensuite la fixation du prix. La discussion entre le CEPS et un laboratoire relève chaque fois du rapport de force », note le journaliste. Le Pr Jean-Luc Harousseau, président de la HAS, remarque de son côté que « le progrès apporté par un médicament peut apparaître faible, mais dans le cancer, un sursis de 3 à 6 mois peut rendre un patient éligible à un produit nouveau qui lui apportera un gain de survie plus significatif. Je l’ai vu dans le myélome. On gagne d’abord 5 à 6 mois et on finit à 2 ans d’espérance de vie ». Yves Mamou note enfin : « Quelle est l’attitude des médecins face aux si coûteuses thérapies ciblées contre le cancer ? ». Le Pr Philippe Ruszniewski, chef de service de gastro-entérologie à l’hôpital Beaujon, remarque : « Nous savons que les thérapies ciblées ont un coût élevé, mais le prix n’est pas une donnée qui rentre en ligne de compte quand il s’agit de traiter un patient. Les traitements sont élaborés de manière collégiale pour éviter les errances de diagnostic. En règle générale, quand le bénéfice d’une thérapie ciblée se limite à 15 jours de survie, on ne le prescrit pas ».

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Published by Chronimed - dans Concept
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