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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 20:41
Les Françaises qui boivent des boissons sucrées et "light" ont un risque augmenté de diabète de type-2. Le risque est paradoxalement plus élevé avec les boissons "light". Une étude française menée auprès de 66 188 femmes de la cohorte E3N, confirme une association entre la consommation de boissons sucrées et le risque de diabète de type 2. Mais elle révèle pour la première fois en France un risque de diabète plus élevé avec des boissons dites "light" qui renferment des édulcorants artificiels, qu’avec des boissons sucrées. (1) Le diabète touche plus de 3 millions de personnes en France dont 90% souffrent de diabète de type 2. S’il est établi que la consommation de boissons sucrées est associée à une augmentation du risque d’obésité et de diabète de type 2, l’effet des boissons sucrées "light" sur les maladies cardiométaboliques est moins bien connu. Les résultats montrent que les femmes qui consomment des boissons sucrées "light" en boivent plus que celles qui consomment des boissons sucrées "normales" (2,8 verres/semaine soit 568 mL contre 1,6 verres/semaine soit 328 mL en moyenne, respectivement). Par rapport à celles qui n’en consomment pas du tout, les femmes qui boivent le plus de boissons sucrées (soit plus de 359 mL/semaine) ont un risque de diabète augmenté de 34 % au cours de l’étude (14 ans) ; celles qui boivent le plus de boissons « light » (plus de 603 mL/semaine) ont un risque multiplié par 2,21. A quantité égale consommée, le risque de diabète est plus élevé lorsqu’il s’agit de boissons "light" que de boissons sucrées. Le risque de développer un diabète est de 15% supérieur pour une consommation de 0,5 L/semaine et de 59% supérieur pour 1,5 L/semaine respectivement. Les femmes qui ont bu des jus de fruits 100% pressés n’ont pas vu leur risque de diabète augmenter. L’avis de Thierry Souccar, directeur de LaNutrition.fr : Cette étude confirme le lien déjà admis entre la consommation de boissons sucrées et le risque de diabète : le sucre favorise la résistance à l’insuline, qui est l’antichambre de la maladie. Pour ce qui est des boissons édulcorées, les études sont contradictoires et il faut interpréter les résultats avec prudence. Deux études prospectives au moins, avant celle-ci, ont conclu également à un lien entre boissons édulcorées artificiellement et risque de diabète (et syndrome métabolique) : la Multi- Ethnic Study of Atherosclerosis, la Framingham Offspring. La San Antonio Longitudinal Study of Aging a trouvé une augmentation du poids et du tour de taille. Par ailleurs, des travaux chez le rat conduits à l’université Purdue ont trouvé que les animaux qui reçoivent des aliments édulcorés artificiellement mangent plus et grossissent plus que ceux qui reçoivent des aliments sucrés. Les chercheurs en concluent que les édulcorants artificiels perturbent les signaux associés au goût sucré, qui s’accompagne généralement de calories. Il en résulterait un phénomène de compensation aux repas suivants pouvant conduire à stocker des calories sous forme de graisses, puis à la résistance à l’insuline. Ce phénomène de compensation a été observé dans certaines études chez l’homme (2), mais pas dans d’autres. Plus surprenant, dans une étude qui comparait sucre, aspartame et stevia, la sécrétion d’insuline 30 minutes après ingestion était aussi élevée avec le sucre qu’avec l’aspartame. (3) Cela dit, les études épidémiologiques prospectives ne permettent que dans certaines conditions de conclure à une relation de cause à effet. Ces conditions ne semblent pas encore réunies pour les boissons aux édulcorants artificiels et le diabète. En effet, d’autres études, comme la Health Professionals Follow-Up Study (sur plus de 40000 hommes), publiée en 2011, n’ont pas trouvé que ces boissons augmentent le risque de diabète. (4) Il est possible que le lien trouvé dans l’étude française et dans les deux études américaines entre boissons édulcorées et diabète s’explique par un lien de causalité inversée, à savoir que les personnes qui boivent des boissons édulcorées le font parce qu’elles sont trop grosses, ou parce que leur état de santé les préoccupe, par exemple en réponse à un diagnostic de glycémie ou de triglycérides élevés ou d’hypertension artérielle. Les Français admettent d’ailleurs que leur étude comporte des limitations. En particulier, les informations sur le type de boissons consommées n’auraient pas été mises à jour pendant l’étude, et le régime alimentaire lui-même a pu changer. OEn attendant d’en savoir plus, LaNutrition.fr tient depuis l’origine un seul discours : éviter aussi bien les boissons sucrées que les boissons édulcorées ! Sources (1) Fagherazzi G, Vilier A, Saes Sartorelli D, Lajous M, Balkau B, Clavel-Chapelon F. Consumption of artificially and sugar-sweetened beverages and incident type 2 diabetes in the Etude Epidemiologique aupres des femmes de la Mutuelle Generale de l'Education Nationale-European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition cohort. Am J Clin Nutr. 2013 Jan 30. (2) Blundell JE, Hill AJ. Paradoxical effects of an intense sweetener (aspartame) on appetite. Lancet 1986;1:1092–3. (3) Anton SD, Martin CK, Han H, Coulon S, Cefalu WT, Geiselman P, Williamson DA. Effects of stevia, aspartame, and sucrose on food intake, satiety, and postprandial glucose and insulin levels. Appetite. 2010 Aug;55(1):37-43. (4) de Koning L, Malik VS, Rimm EB, Willett WC, Hu FB. Sugar-sweetened and artificially sweetened beverage consumption and risk of type 2 diabetes in men. Am J Clin Nutr. 2011 Jun;93(6):1321-7

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Published by Chronimed
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