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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 22:55
Paris, le mardi 4 juin 2013 – A l’occasion d’un colloque organisé hier à l’hôpital Cochin concernant, entre autre, la place du baclofène (agoniste des récepteurs GABA-B) dans la prise en charge des patients alcolo-dépendants, le patron de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), le professeur Dominique Maraninchin a annoncé que ce traitement allait bénéficier d’une recommandation temporaire d’utilisation (RTU). Valable pour une durée de trois ans, ce dispositif doit offrir une sécurité de prescription supplémentaire aux nombreux praticiens qui choisissaient de le délivrer hors AMM. Cette RTU devrait également contribuer à mieux encadrer son utilisation, notamment en ce qui concerne sa posologie (sujet qui fait souvent débat) et ses effets secondaires (trop rarement déclarés). « Cela va permettre de suivre les effets du baclofène sur une cohorte de cinq ou six mille patients. Ce que ne permet pas l’étude scientifique » ajoute, cité par Libération, le professeur Michel Reynaud (Hôpital Paul Brousse, Villejuif) qui conduit l’un des deux essais cliniques français en cours sur le baclofène. Des résultats très encourageants Cette annonce du patron de l’ANSM, qui signe une reconnaissance officielle de l’utilisation du baclofène dans le traitement des alcoolo-dépendants, semble l’aboutissement d’une longue période de réflexion d’abord marquée par une grande réticence des autorités. En novembre 2008 en effet, l’AFSSAPS (devenue l’ANSM) n’usait nullement du même ton lorsqu’elle signalait que les médecins prescrivant hors AMM le baclofène le faisaient « sous leur unique et entière responsabilité ». Depuis les mises en garde ont laissé place à une attitude plus positive, centrée sur la nécessité de conduire des évaluations rigoureuses. Un Programme hospitalier de recherche clinique (PHRC) a ainsi été lancé dans ce sens en 2011. Les premiers résultats des travaux hospitaliers et de ceux conduits en ville (BACLOVILLE) se sont d’ores et déjà révélés très encourageants. Climat passionnel Pour les multiples associations qui, depuis la publication de l’ouvrage du docteur Olivier Ameisen évoquant son propre « sevrage » grâce au baclofène (témoignage qui a médiatisé l’utilisation de ce médicament dans cette indication en France), militent pour sa reconnaissance, cette décision de l’ANSM représente une véritable victoire. Le même sentiment gagne les nombreux spécialistes qui, ces dernières années et plus encore ces derniers mois, sont montés au créneau pour dénoncer le « scandale » que semblait représenter l’attitude réticente des autorités vis-à-vis de ce traitement. Mais il est peu probable que ce choix de l’ANSM n’apaise le climat passionnel qui depuis plusieurs années s’est imposé autour de la question du baclofène entre ses opposants et ses fervents défenseurs. Aurélie Haroche 04/06/2013 Copyright © http://www.jim.fr

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Published by Chronimed
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