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14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 10:36

Dans leurs recommandations sur la prise en charge de l’autisme chez l’enfant et l’adolescent, rendues publiques le 8 mars, la HAS et l’Anesm insistent sur l’importance de la mise en place précoce d’un projet personnalisé d’interventions plurielles. La place du médecin généraliste est précisée.

 

Cinq messages forts ponctuent ces recommandations sur les interventions éducatives et thérapeutiques chez

l’enfant et l’adolescent atteints d’autisme et autres troubles envahissants du développement – élaborées

conjointement pas la Haute Autorité de Santé (HAS) et l’Anesm (Agence nationale de l’évaluation et de la qualité

des établissements et services sociaux et médico-sociaux).

 

Mais en préambule, « L’autisme et les troubles envahissants du développement sont des sujets extrêmement difficiles, parce que leurs présentations cliniques sont variées, que leurs causes ne sont pas entièrement connues, qu’il n’y a pas un seul traitement efficace et que le niveau de preuves scientifiques sur les différentes procédures de prise en charge reste le plus souvent faible. », a rappelé le Pr Jean-Luc Harousseau, Président du

collège de la HAS.

 

Un diagnostic et une prise en charge précoces

 

Premier message : l’importance du diagnostic et de l’évaluation précoces, de préférence avant l’âge de 4 ans ou dans les trois mois qui suivent le diagnostic. 

Ce qui relève souvent du défi, quand on sait qu’en France, « il faut

souvent attendre 6 à 18 mois pour qu’un enfant avec une suspicion d’autisme ait la chance de pouvoir être examiné par un spécialiste », déplore le Pr Philippe Evrard, qui a présidé le groupe de pilotage de ces recommandations. 

 

Dans les faits, « un tiers seulement des personnes autistes reçoivent à temps et suffisamment l’aide spécialisée qui leur est nécessaire », ajoute l’expert.

 

Une prise en charge personnalisée et globalisée

 

En deuxième lieu, la prise en charge doit être personnalisée, globalisée et coordonnée, mettant en jeu l’ensemble des professionnels de santé, l’école et les parents, ces stratégies devant être centrées sur l’enfant. « Il faut insister sur le fait que chaque enfant est particulier et évolue dans un environnement particulier », a indiqué le Pr Harousseau.

 

Une remise en cause des psychiatres

 

Troisièmement, « les psychiatres doivent se remettre en cause, et évaluer les résultats de leurs approches à l’aide de critères permettant de juger de l’intégration de l’enfant dans la société », souligne le Pr Harousseau (voir notre article : « Autisme : les approches psychanalytiques et le packing désavoués par la HAS »).

 

Pas de prise en charge imposée, pas de prise en charge exclusive

 

Quatrième principe intangible : « les prises en charge doivent être proposées, mais jamais imposées », insiste le

Pr Harousseau. 

 

Enfin, parce qu’il n’existe pas de solution univoque, « il ne doit jamais y avoir de prise en charge exclusive : tous les acteurs de la prise en charge doivent être associés », rappelle le Président de la HAS.

 

L’objectif de ces recommandations : donner le maximum de chances à chaque enfant atteint pour que celui-ci puisse « accéder à la communication et à plus d’autonomie et de liberté »... Pour autant, « l’espoir sur lequel tout repose, c’est la recherche qui doit se développer encore plus ! », admet le Pr Harousseau.

 

Il n’y a pas de fatalité

 

« Chaque enfant est singulier mais l’accompagnement est pluriel ! », résume le Dr Cédric Grouchka, membre du Collège de la HAS. Il entend conclure par une note optimiste : « on ne sait pas guérir l’autisme mais il n’y a pas de fatalité, on peut améliorer les choses. » Selon lui, « pour la moitié des enfants, la prise en charge peut améliorer le quotient intellectuel, les troubles de la communication et/ou du langage et les troubles du

comportements. »

 

Le médecin généraliste : une place centrale dans le repérage précoce et dans le suivi somatique

 

Quant à la place du médecin généraliste – et du pédiatre – dans la prise en charge de cette affection, elle est double : dans le repérage des signes précoces pouvant évoquer un diagnostic d’autisme, et dans l’orientation d’un enfant avec une suspicion d’autisme vers un spécialiste ; et dans le suivi somatique des sujets atteints

d’autisme ou de troubles envahissants du développement. 

 

« Ces pathologies sont fréquemment associés à une

épilepsie – présente chez au moins 15% des sujets autistes – à des troubles du sommeil et de la nutrition, notamment, et à des pathologies dentaires qui demeurent sous-diagnostiquées », souligne le Pr Evrard.

 

L’autisme en chiffres.. 

> 30 000 enfants touchés par l’autisme en France

> 100 000 enfants atteints de troubles envahissants du développement

> 5 000 nouveaux cas d’autisme par an

 

 

12/03/2012 


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Published by Chronimed - dans Infections froides
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