Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
31 juillet 2013 3 31 /07 /juillet /2013 15:58
Les autistes éprouvent des déficits de socialisation, se traduisant notamment par leurs perceptions (et leurs réponses) inadaptées en matière de repérage des émotions de base (peur, aversion, tristesse, joie) sur le visage d’autrui. Si certaines interprétations psychogènes voient là un trouble imputable à un dysfonctionnement précoce des relations mère-enfant (où l’inadaptation de la réponse maternelle aux sollicitations de l’enfant perturbe en retour ce dernier qui n’apprendrait pas à calquer en miroir ses émotions sur la personne face à lui), d’autres chercheurs –comme les auteurs de cette étude britannique, publiée dans Archives of General Psychiatry– présument qu’il s’agit plutôt d’un phénomène organique dont les « bases biologiques sont mal comprises », mais qui pourrait résulter de « perturbations dans le fonctionnement de neurotransmetteurs comme la sérotonine », connus pour leur implication dans les circuits neuronaux des émotions. L’hypothèse d’un dysfonctionnement sérotoninergique chez les sujets avec autisme est étayée par le constat qu’ils ont, comparativement aux sujets-témoins, un taux sanguin de tryptophane (acide aminé précurseur de la sérotonine) « significativement plus faible » et qu’une réduction de la disponibilité du tryptophane alimentaire chez des adultes autistes « conduit à une aggravation des troubles. » Menée à l’Institut de Psychiatrie du King’s College de Londres, cette étude contrôlée évalue les effets d’une déprivation en tryptophane sur le fonctionnement des réseaux neuronaux connus pour leur implication élective dans la perception des émotions sur le visage, le fonctionnement cérébral étant apprécié au moyen de l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf). L’activité cérébrale de 14 hommes atteints d’autisme (âgés de 16 à 57 ans et non déficients intellectuels) et de 14 sujets-contrôles (appariés pour l’âge, le sexe et le niveau d’efficience intellectuelle) a été évaluée par IRMf pendant une tâche de « cognition sociale », en l’occurrence la reconnaissance des émotions sur un visage, 5 heures après avoir ingéré (selon une procédure en double insu) une boisson contenant 2,3 grammes de tryptophane (situation « contrôle ») ou sans tryptophane (situation de carence en tryptophane). Aucune différence significative de concentrations plasmatiques n’a été constatée entre les groupes à l’état basal et les modifications après absorption des boissons avec ou sans tryptophane ont été similaires chez les sujets autistes et contrôles. En revanche, après prise de la boisson sans tryptophane, on notait des différences significatives d’activation cérébrale pendant les tests de traitement des émotions faciales entre les patients autistes et les témoins. Ces variations n’étaient pas les mêmes pour les différents types d’émotions et concernaient des zones cérébrales impliquées dans ces processus mais pour lesquelles il a été aussi montré des différences au niveau de la synthèse et du transport de la sérotonine. Ces résultats suggèrent qu’un dysfonctionnement sérotoninergique dans l’autisme pourrait être impliqué dans les anomalies d’activation cérébrale lors du processus de traitement des émotions faciales constatées chez les patients autistes par rapport aux témoins. 31/07/2013

Partager cet article

Repost 0
Published by Chronimed - dans Nutrition
commenter cet article

commentaires