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6 août 2013 2 06 /08 /août /2013 15:03
L’autisme est un trouble du neurodéveloppement d’origine vraisemblablement polyfactorielle, mais où les facteurs d’ordre génétique ont une importance certaine. Ces dernières années, on a observé qu’un âge paternel élevé constitue un facteur de risque pour cette affection. Une méta-analyse conclut ainsi que « les pères de plus de 50 ans ont un risque 2,2 fois plus élevé d’avoir un enfant avec autisme que les pères de moins de 30 ans. » Avoir un père plus âgé représente aussi un facteur de risque pour d’autres troubles mentaux (comme la schizophrénie ou le trouble bipolaire) et aurait, plus généralement, une incidence sur le développement neurocognitif des enfants. Mais les mécanismes sous-tendant ces constats épidémiologiques demeurent inconnus. On a suggéré que des mutations de novo affectant la spermatogenèse pourraient expliquer ce phénomène. Une étude conduite en Islande sur des sujets avec autisme ou schizophrénie a évalué à 2 par an ce taux de mutations de novo en relation avec l’âge paternel. Il est aussi possible que certaines de ces mutations n’aient pas de retentissement direct dès la génération suivante, mais seulement sur une génération ultérieure, en aboutissant à l’accumulation d’altérations du patrimoine génétique. Une étude conduite en Suède (sous l’égide du Karolinska Institute de Stockholm) met en évidence une « association significative entre l’âge élevé du grand-père à la naissance d’un parent et le risque d’autisme chez les petits-enfants. » Les hommes ayant engendré une fille à plus de 50 ans ont un risque 1,79 fois plus élevé [intervalle de confiance à 95 % [IC95] de 1,35 à 2,37 ; p < 0,001] d’avoir un petit-enfant avec autisme ; et les hommes ayant engendré un fils à plus de 50 ans ont ce même risque 1,67 fois plus élevé [IC95 de 1,35 à 2,37 ; p < 0,001], comparativement aux hommes devenus pères entre 20 et 24 ans. Des analyses de sensibilité indiquent que ces résultats (obtenus après avoir contrôlé d’autres facteurs, comme l’âge de l’épouse, le type de résidence, le contexte psychiatrique et le niveau d’instruction familial) ne proviennent pas de biais statistiques. Les auteurs concluent qu’un « âge grand parental avancé est associé avec une augmentation du risque d’autisme », dans un contexte de mutations ou d’altérations épigénétiques, elles-mêmes associées à un âge paternel élevé. Dr Alain Cohen 06/08/2013 Frans EM: Autism risk across generations. A population-based study of advancing grandpaternal and paternal age. JAMA Psychiatry 2013 ; 70 : 516–521.

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Published by Chronimed - dans Concept
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