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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 18:05
L’autisme est un trouble neuropsychiatrique étiologiquement hétérogène pour lequel il n’a pas été identifié de mécanisme physiopathologique ou de cause unique. De nombreuses conditions de « développement atypique » peuvent conduire à des « troubles du spectre autistique », y compris l’existence d’un syndrome de l’X fragile (SXF) qui est actuellement le contexte mono-génétique le plus souvent reconnu pour son implication dans le déterminisme de l’autisme.

Pour comparer les aspects morphométriques rencontrés dans l’autisme et dans le SXF, une étude a été conduite sous l’égide d’un institut de recherches de Chapel Hill (Caroline du Nord) et de la Stanford University (Californie). Elle s’appuie sur des données de neuro-imagerie (VBM, voxel-based morphometry) et l’apport des cartes auto-adaptatives (self-organizing maps) [1] et porte sur 165 jeunes garçons âgés de 1an et demi à 4 ans ainsi répartis : 31 sujets « neurotypiques » (c’est-à-dire sans problématique reconnue), 19 avec un « retard idiopathique de développement », 52 avec un syndrome de l’X fragile et 63 avec un « autisme idiopathique. »

Chez les enfants avec autisme ou avec SXF (comparativement aux sujets neurotypiques), les auteurs remarquent la présence d’anomalies neuro-anatomiques touchant la matière blanche comme la matière grise de certaines régions cérébrales (frontales et temporales) particulièrement concernées par les processus de socialisation. Se traduisant sans doute cliniquement par les dysfonctionnements observés dans ces affections, ces différences touchent notamment le cortex préfrontal médian, le cortex orbitofrontal, le cortex temporal supérieur, l’amygdale, l’insula [2] et le cortex cingulaire dorsal. Mais les anomalies volumétriques constatées vont dans des sens opposés pour l’autisme et le SXF : les volumes les plus élevés concernent en général les enfants avec autisme idiopathique, relativement aux neurotypiques, lesquels ont à leur tour des volumes plus élevés que les enfants avec SXF. Et l’analyse de multivariance (multivariate analysis) montre que « le schéma global de la structure du cerveau » des jeunes avec autisme « ressemble davantage » à celui des sujets-contrôles que des sujets avec SXF (avec ou sans autisme associé).

[1] http://fr.wikipedia.org/wiki/Carte_auto_adaptative & http://en.wikipedia.org/wiki/Self-organizing_map
[2] http://lecerveau.mcgill.ca/flash/i/i_12/i_12_cr/i_12_cr_con/i_12_cr_con.html



Dr Alain Cohen 8/4/11


Hoeft F et coll.: Neuroanatomical differences in toddler boys with fragile X syndrome and idiopathic autism. Arch Gen Psychiatry, 2011; 68-3 : 295-305.

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Published by Chronimed
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