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3 août 2011 3 03 /08 /août /2011 12:01

En dépit du fait que les guides de bonne pratique internationaux déconseillent l’utilisation des AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens) chez les patients présentant une pathologie cardio-vasculaire, beaucoup de ces patients en reçoivent encore sur de courtes périodes. Les recommandations précisent en effet que, si l’AINS est malgré tout indispensable, il est possible de le prescrire pour une durée qui devra être la plus courte possible.

Certaines précisions manquent toutefois concernant cette durée prétendument sans danger. Et l’on peut se poser la question de l’existence d’une interaction entre la durée de traitement et un profil de risque propre à chaque patient.

Une équipe danoise a cherché à répondre à ces questions. L’étude est observationnelle, rétrospective, basée sur les données de registres nationaux. Tous les patients présentant un premier infarctus du myocarde entre 1997 et 2006 ont été inclus, soit plus de 83 000 patients. Les traitements prescrits à la suite de ce premier incident ont été répertoriés, parmi lesquels les AINS, prescrits à 42,3 % des patients. Au cours du suivi, 35 257 patients ont présenté une récidive d’infarctus du myocarde ou sont décédés.

Les données confirment qu’il existe une corrélation significative entre la prise d’AINS et le risque de récidive ou de décès mais apportent un éclairage nouveau : le risque existe dès les premiers jours de traitement (HR 1,45, 95 % CI 1,29 à 1,62) et tout au long de celui-ci (HR 1,55, 95 % CI 1,46 à 1,64 à 90 jours). Tous les AINS sont concernés, même s’il existe quelques variations d’une molécule à l’autre.

Ainsi l’augmentation du risque apparaît dès les premiers jours avec le diclofénac, après une à deux semaines avec l’ibuprofène et les inhibiteurs sélectifs des COX-2.

Les auteurs estiment que ces données justifient une révision des actuelles recommandations concernant la prescription des AINS chez les patients présentant des antécédents cardio-vasculaires. Les prescripteurs doivent être avertis de ce que tout traitement, quel que soit sa durée, comporte un risque de toxicité cardio-vasculaire pour ces patients fragilisés. L’information doit aller aussi vers les autres professionnels de santé et vers les patients, certaines de ces molécules sont en effet en vente libre.



Dr Roseline Péluchon


Schjerning Olsen A-M. et coll.: Duration of Treatment With Nonsteroidal Anti-Inflammatory Drugs and Impact on Risk of Death and Recurrent Myocardial Infarction in Patients With Prior Myocardial Infarction: A Nationwide Cohort Study.
Circulation published online May 9, 2011; DOI: 10.1161/CIRCULATIONAHA.110.004671
http://circ.ahajournals.org/cgi/reprint/CIRCULATIONAHA.110.004671v1

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Published by Chronimed - dans Concept
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