Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 21:27
Toulouse, le jeudi 13 juin 2013 – Les différentes voies d’absorption du fameux bisphénol A (BPA) sont l’objet de nombreux travaux à travers le monde. Les scientifiques ont ainsi déjà confirmé que cette substance pénétrait dans l’organisme par voie digestive et par inhalation. En 2010, des chercheurs de l’unité de Toxicologie alimentaire (Toxalim) de l’Institut national de recherche agronomique (INRA) ont ajouté à ces deux premières voies, l’absorption cutanée. C’est cette même équipe qui présente dans la revue Environmental Health Perspectives des travaux suggérant la forte présomption d’une absorption directe du BPA au niveau sublingual. Une voie sublinguale bien supérieure à la voie digestive Ces travaux ont porté sur le chien dont l’INRA rappelle qu’il est un « animal modèle pour l’évaluation de l’absorption buccale des médicaments chez l’homme ». Chez ces animaux, ils ont pu mettre en évidence que la diffusion du BPA « à travers la muqueuse sublinguale » entraînait des « concentrations plasmatiques près de 100 fois supérieures » à ce qui est retrouvé quand de mêmes doses de BPA sont absorbées par voie digestive. « La biodisponibilité du BPA qui résulte de la voie sublinguale (70/90 %) est très supérieure à sa biodisponibilité par voie digestive (inférieure à 1 % dans l’étude » résument les auteurs de ces travaux dans un communiqué diffusé par l’INRA. Il semble donc que cette « voie sublinguale évite la métabolisation par le foie de la quasi totalité du BPA » ajoutent-ils encore. Une dent justifiée contre le BPA Ces données qui permettent une nouvelle fois d’affiner notre connaissance du BPA doivent faire l’objet de recherches complémentaires, afin notamment de déterminer si elles sont parfaitement transposables chez l’homme et ce qu’elles impliquent en ce qui concerne l’exposition humaine. Pour tous ceux qui s’inquiètent de la toxicité de cette substance, elles sont cependant dores et déjà considérées comme une confirmation supplémentaire de l’urgence de limiter le plus possible les contacts avec elle. Il faut dire que cette publication intervient après la révélation des résultats d’une autre équipe française. Les chercheurs de l’INSERM conduits par Ariane Berdal et Sylvie Babajko suggèrent en effet dans l’American Journal of Pathology à partir d’une étude conduite chez le rat que le bisphénol A pourrait provoquer une altération des dents. Ils évoquent même la possibilité que le bisphénol A puisse être « un agent causal » « d’une pathologie de l’émail appelée MIH (Molar Incisor Hypomineralisation) » après avoir constaté des similitudes entre les lésions retrouvées sur les dents de rats exposés au bisphénol A et celles provoquées par cette pathologie chez des enfants. Une controverse toujours présente Par ailleurs, la toxicité du BPA paraît désormais de plus en plus fermement documentée. Le rapport publié en avril 2013 par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) confirmait en effet la mauvaise réputation du BPA et invitait à réduire l’exposition des personnes les plus vulnérables (femmes enceintes, jeunes enfants, caissières…). Néanmoins, les controverses ne sont pas totalement éteintes en la matière, notamment parce que certains s’interrogent sur le réel degré d’exposition des populations, à l’instar d’un rapport publié en février par l’American Association for the Advancement of Sciences (AAAS). Les doutes émis par les auteurs de ces travaux sur la réalité de notre surexposition n’ont pas empêché l’adoption de nouvelles mesures d’interdiction. A partir de juillet 2015, le BPA sera ainsi banni de tous les contenants alimentaires, une mesure dont la nécessité parait confortée par les recherches publiées cette semaine. Aurélie Haroche 13/06/2013

Partager cet article

Repost 0
Published by Chronimed
commenter cet article

commentaires