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28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 16:49

Il y a plusieurs intérêts potentiels à réaliser des sérologies virales chez des patients présentant des polyarthrites plus ou moins débutantes.

Le premier d’entre eux est diagnostique avec un rôle déclencheur initial de certaines infections virales connu dans différents modèles animaux, et suspecté chez l’homme.

Le deuxième intérêt est de ne pas méconnaitre un facteur de comorbidité et de difficulté thérapeutique potentiel. En France, les virus impliqués sont principalement le parvovirus B19 (PB19), l’hépatite C (HCV), l’hépatite B (VHB), et le virus du SIDA (HIV).


Malgré tout, il n’y a pas de consensus sur ce qu’il faut faire à titre systématique.


Les auteurs ont donc étudié 813 sujets issus de la cohorte française ESPOIR. Celle-ci est constituée de sujets âgées de 48 +/-12,5 ans, ayant une polyarthrite récente, probablement rhumatoïde (PR) (au moins 2 articulations gonflées depuis 6 semaines à 6 mois).


Les sérologies PB19 (IgG et IgM), HCV et HBV, VIH 1 et 2, ont été réalisées chez chaque sujet, pour un coût de 85.05 Euros.

La sérologie PB19 était positive dans 71,2 % des cas (n = 574), mais ceci correspondait à une cicatrice immunologique. Neuf sujets sur les 806 testés étaient potentiellement en phase virale active et 27,7 % des sujets étaient séronégatifs (n = 223).

Au final, le diagnostic a été confirmé en PCR chez seulement 2 patientes (0,25 % des cas). Il s’agissait de femmes de 34 et 40 ans sans aucun signe extra-articulaire orientant vers cette infection à PB19.

Après 4 ans de suivi, aucune n’avait de synovite, d’érosion, de facteur rhumatoïde, et aucune de prenait de traitement de fond. Finalement, le diagnostic retenu était donc une connectivite indifférenciée, possiblement un syndrome de Gougerot-Sjögren.

Les taux de séroprévalences HIV et HCV, respectivement de 0,12 % et de 0,86 %, étaient inférieurs ou comparables à ceux de la population générale française (0,4 % pour le HIV, 0,84 % pour l’HCV) ; ce qui laisse à penser que ces virus ne jouent aucun rôle physiopathologique dans l’apparition de la PR. Les sujets infectés par l’HCV avaient globalement des taux de transaminases supérieurs aux autres (ALAT : 41,5 contre 23,2 UI [p = 0,02] ; ASAT : 39,2 contre 21,83 [p = 0,001]). Cependant seulement 2 patients HVC positif avaient des ASAT ou des ALAT supérieurs à 40.


La séroprévalence pour l’HBV était de 0,12 % et toutes ces infections étaient connues avant l’histoire articulaire

Au total, les auteurs concluent à l’absence d’intérêt diagnostique à la réalisation systématique de sérologies virales PB19, HBV, HCV, HIV, devant une polyarthrite récente.

 

Les auteurs proposent donc de ne réaliser ces sérologies qu’en cas de suspicion clinique, c’est-à-dire principalement si des données d’interrogatoire relèvent un risque d’infection.

 

Ils insistent toutefois sur le fait que ces sérologies doivent être faites systématiquement avant la mise en route d’un traitement de fond immunosuppresseur.

 

Dr Laurent Laloux 

 

Sophie Varache and coll. : is routine viral screening useful in patients with recent-onset polyarthritis of a duration of at least 6 weeks ? Results from a nationwide longitudinal prospective cohort. Arthritis Care and Research. 2011 ; 63 : 1565-1570

Publié le 28/12/2011

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Published by Chronimed - dans Infections froides
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