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16 juin 2012 6 16 /06 /juin /2012 06:41
En manipulant deux gènes, le chercheur de l’Université John-Hopkins Se-Jin Lee a quadruplé la masse musculaire de ses souris Les Jeux Olympiques comptent on le sait une discipline non officielle mais qui fait pourtant l’objet d’une grande préparation de la part de tous les athlètes : le contournement des contrôles antidopage.  Si les techniques pour masquer l’utilisation de tels ou tels produits ou fausser les résultats d’un test sont régulièrement améliorées par les équipes « médicales » des athlètes s’adonnant à cette forme de tricherie, certaines méthodes demeurent du domaine de la science fiction.  Ainsi, comme le rappelle le journaliste canadien Jean-François Cliche sur son blog,  la veille de chaque jeux olympiques est l’occasion de fantasmer sur ce que la science pourrait mettre au point pour permettre aux sportifs de devenir plus performants.  Cependant « athlètes génétiquement modifiés » et autres Frankenstein courant ne seraient pas pour demain si l’on en croit le journaliste spécialiste de science. Même si les idées dans ce domaine ne manquent pas: À l’approche de chaque Olympiques depuis 2000, on nous promet que l’«avenir» de la triche est sur nous :  si les «AGM» (athlètes génétiquement modifiés) ne seront pas des prochains jeux, alors ils seront sans doute des prochains.  Ou de ceux d’après.  Bref, à en croire ces prédictions, on serait plus que dû.  Alors est-ce que les Jeux de Londres seront ceux où l’on verra, peut-être sans le savoir, les premiers Frankenstein authentiques courir ou soulever des altères, ai-je demandé à divers spécialistes. Il semble que non, m’ont-ils répondu dans ce papier publié ce week-end. Bien sûr, il serait théoriquement possible de modifier génétiquement un athlète, puisque comme le montre la photo ci-haut, on est déjà capable de le faire avec des souris — qui deviennent épouvantablement musclées et capables de nager trois fois plus longtemps que les souris-contrôle avant de s’épuiser — et qu’il serait impossible de «pincer» un tel tricheur avec les tests sanguins et d’urine actuels. Mais cela ne convainc pas les spécialistes à qui j’ai parlé, qui font remarquer que la technique n’est pas au point et ne garantirait pas des performances supérieures chez l’Homme.  En outre, il n’y a qu’une poignée de labos ultra-spécialisés capables de le faire dans le monde, et on voit très mal pourquoi ils accepteraient de se prêter à ce genre de traficotage, où ils auraient tout à perdre.  Et puis, les substances que l’on ferait produire à d’éventuels «AGM», comme l’EPO, sont déjà disponibles par la voie «classique», si bien que, en comptant les «trous» qu’il y a encore dans le système antidopage, les tricheurs n’auraient pas de raison de se tourner vers les gènes, m’a signalé la chimiste Christiane Ayotte, directrice du Laboratoire de contrôle du dopage de l’INRS — le seul au Canada qui soit accrédité par l’Agence mondiale antidopage. «Le dopage génétique, ce n’est pas pour cet été», tranche-t-elle. Il y a toutefois une possibilité indirecte, m’a dit le biochimiste Martin Simard, de l’Université Laval, qui consisterait à jouer sur l’expression des gènes plutôt que sur le génome lui-même.  Certains brins d’ARN, en particulier, qui empêchent la production de protéines spécifiques, seraient une avenue technologiquement plus simple que la réécriture d’un ou de plusieurs gènes.  Par exemple, si on les concevait de manière à réduire l’expression de la myostatine, une protéine qui freine le développement musculaire, ces «coARN-interférant», comme on les appelle, pourraient certainement servir dans certaines disciplines. Mais ce n’est ici qu’une hypothèse, pour ne pas dire de la spéculation, avertit le chercheur.  16/06/2012

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Published by Chronimed - dans Concept
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