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17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 20:14
2011 a été une année d’espoir pour la lutte contre le paludisme, avec le bilan très encourageant publié dans le rapport du Partenariat Roll Back Malaria (Faire Reculer le Paludisme), auquel s’ajoutent les résultats prometteurs d'un essai de vaccination à grande échelle de phase III par le vaccin RTS,S de GlaxoSmithKline. Dans Trends in Parasitology, M B Markus souligne les lacunes qui persistent dans notre connaissance des formes parasitaires quiescentes ou latentes qui représentent une difficulté supplémentaire pour l’éradication du paludisme. Les hypnozoïtes sont des formes quiescentes intra-hépatocytaires responsables des accès de reviviscence qui peuvent survenir après des mois ou des années dans les infections à Plasmodium vivax. Il est très vraisemblable que les hypnozoïtes dérivent directement des sporozoïtes inoculés par le moustique et non de mérozoïtes issus de la division schizogonique hépatique ou érythrocytaire. Si l’hypothèse était avérée, le risque de réactivation des hypnozoïtes pourrait être supprimé en ciblant les stades sporozoïte ou post-sporozoïte mais ce point important reste à prouver. Le seul antipaludéen actuellement actif contre les hypnozoïtes est la primaquine, une amino-8-quinoléine qui induit une hémolyse chez les patients déficients en G6PD et ne peut être utilisé en traitement de masse. L’existence d’hypnozoïtes génétiquement différents chez les individus infectés pose également un problème pour le développement d’un vaccin contre P. vivax. Une protection vaccinale initialement efficace sur les stades de multiplication hépatique primaire pourrait se montrer par la suite inefficiente lors de l’activation plus ou moins tardive des hypnozoïtes résiduels. Des rechutes à long terme peuvent s’observer après plus de 50 ans dans la fièvre quarte due à P. malariae et au moins après 10 ans dans les infections à P. falciparum. Pour ces 2 espèces il est admis qu’il n’existe pas d’hypnozoïtes, et si la baisse progressive de l’état de semi-immunité peut expliquer les rechutes à court terme cela n’est pas le cas pour les réactivations très tardives. L’hypothèse la plus vraisemblable est que ces rechutes tardives sont dues à des mérozoïtes latents ayant échappé à la réponse immunitaire, qui pourraient être localisés au sein des cellules spléniques. Ces parasites latents sont aussi probablement la source de certains accès de reviviscence observés chez P. vivax dans lesquels les parasites ont un génotype identique au génotype initial. Hypnozoïtes ou mérozoïtes latents, l’existence de ces parasites en sommeil au métabolisme réduit et capables d’échapper à la réaction immunitaire devra être prise en compte pour le développement de médicaments ou de vaccins antipaludéens efficaces à long terme. Dr JF Garin Markus MB : Dormancy in mammalian malaria. Trends Parasitol. 2012 ; 28 : 39-45.

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Published by Chronimed - dans Infections froides
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