Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 08:15
L’histoire a suffisamment marqué les esprits pour qu’on s’en souvienne encore. Début septembre 2011 les autorités de santé locales étaient averties par un praticien hospitalier de 5 cas de botulisme survenus lors d’un repas familial dans le Vaucluse. Les 5 personnes, qui présentaient les signes classiques d’intoxication botulinique, avaient été hospitalisées à la suite de l’apparition dans les 24-36 heures de signes gastro-intestinaux puis d’une paralysie descendante et d’une quadriplégie, et avaient dues être intubées et ventilées. Deux jours après cet épisode initial, 3 autres cas étaient signalés dans la Somme. Plus jeunes, les patients étaient hospitalisés avec des tableaux cliniques et une évolution très similaires aux précédents, requérant les mêmes soins dont des antitoxines trivalents au cours d’une hospitalisation qui devait durer de 34 à 58 jours. Une investigation serrée de ces épidémies devait être menée, dont on connaît les résultats : une tapenade artisanale, de la pâte d’olives vertes contaminée à la toxine botulinique de type A suite à des techniques de stérilisation inadéquates d’un producteur local… Une double épidémie remarquable et remarquée, qui rappelle à ceux qui l’auraient oublié qu’il y a du botulisme en France. Une mise au point, proposée par l’International Society for Infectious Diseases à partir des données Gideon, en précise les caractéristiques épidémiologiques. Le nombre des épisodes déclarés est relativement stable depuis une trentaine d’années, les taux annuels variant de 0,01 à 0,04 pour 10 000, très similaires à nos voisins. Cinquante et un décès ont été rapportés entre 1956 et 2002, un par an entre 2004 et 2008, 2 en 2009. Les aliments les plus concernés sont ceux à base de jambon, qui ont toujours compté pour plus de la moitié des cas. Cependant, mis à part deux cas associés à de la cocaïne inhalée, les supports alimentaires rapportés dans des publications d’origine française sont assez variés : fromages, conserves d’asperges artisanales, saucisses halal, poulet enchiladas industriel, poisson blanc fumé canadien acheté en Finlande, plats cuisinés artisanaux de porc aux flageolets. Les toxines isolées, enfin, sont de 3 types, A, B et E, la seconde semblant assez largement prédominante. La tapenade incriminée cet automne fut, on s’en doute, activement recherchée et éliminée de la circulation. Imagine-t-on, cependant, les efforts qu’il fallut déployer (avec raison en l’occurrence) au nom du désormais célèbre principe de précaution ? Des alertes furent émises dans toutes l’Europe et de nombreux réseaux mis à contribution : Early Warning and Response System (EWRS), Epidemic Intelligence Information System (EPIS) de l’European Center for Disease Control, International Food Safety Authorities Network (INFOSAN) de l’OMS, Food and Agriculture Organization des Nations Unies, European Union’s Rapid Alert System for Food and Feed (RASFF). En décembre dernier, aucun nouveau cas de botulisme n’avait été détecté en France et en Europe. Dr Jack Breuil Pingeon JM et coll. : Two outbreaks of botulism associated with consumption of green olive paste, France, September 2011. Euro Surveill. 2011; 16:pii=20035. Available online : http://www.eurosurveillance.org/ViewArticle.aspx?Articled=20035

Partager cet article

Repost 0
Published by Chronimed - dans Infections froides
commenter cet article

commentaires

ameli 25/04/2012 16:20

Bonjour, Les anecdotes se multipliaient concernant cette maladie.