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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 20:11
L'année 2012 en matière de Sclérose en Plaques (SEP) a été marquée par la mise à disposition du premier traitement efficace par voie orale, le fingolimod. Cette molécule originale est la première d'une nouvelle série de médicaments plus faciles à administrer, potentiellement plus efficaces et mieux tolérés que les interférons β. Ces derniers, disponibles depuis plus d’une décennie, ont largement démontré leur intérêt en diminuant de manière significative la fréquence des poussées, l'activité lésionnelle en IRM et à un moindre degré la progression du handicap. Traiter le plus tôt possible, dès la première poussée, a été une importante évolution dans la prise en charge de ces patients. La molécule « idéale » (en l'absence de cause identifiée de la maladie) devrait avoir un profil de sécurité satisfaisant à court et moyen terme, pouvoir être administrée par voie orale et prévenir la neurodégénérescence. Du pso à la SEP Le fumarate (BG12), ancien médicament utilisé pour traiter le psoriasis depuis 20 ans, possède des propriétés originales qui en font un candidat potentiel. Il a, de fait, des capacités anti-inflammatoires et cytoprotectrices laissant espérer un effet sur les deux phases de la maladie. Deux études importantes viennent d’être publiées dans le New England Journal of Medicine démontrant son efficacité dans la sclérose en plaques rémittente. DEFINE (Determination of the Efficacy and Safety of Oral Fumarate in Relapsing–Remitting MS) est une étude randomisée, multicentrique, en double aveugle et contre placebo menée pendant 2 ans. Au total, 1 237 patients avec une SEP rémittente, âgés en moyenne de 38,1 à 38,8 ans, avec une durée moyenne de la maladie de 5,1 à 5,8 ans et un score EDSS (Expanded Disability Status Scale) moyen de 2,36 à 2,48 ont été inclus dans cette étude évaluant l’effet du BG12 pris 2 ou 3 fois par jour. L’analyse a mis en évidence une réduction de 38 % du taux annualisé de rechutes (p=0,005) dans le bras avec 2 prises de BG12 par jour et de 34 % (p=0,01) dans le groupe 3 prises/jour. Le risque de progression du handicap était diminué chez les patients traités (de 38 % dans le groupe avec 2 prises/j). Il a été mis aussi en évidence une réduction significative (p<0,0001) des anomalies IRM (lésions prenant le contraste ou augmentant de volume) par rapport au placebo (diminution de 85 % dans le groupe avec 2 prises et 3 prises). La tolérance était satisfaisante et les effets indésirables rapportés surtout au cours du premier mois n’entraînaient pas plus de sortie d’essai que le placebo : flush, diarrhée, nausées, douleurs abdominales, diminution des lymphocytes et élévation des transaminases. Ces résultats similaires à ceux observés dans les études pivots des premiers immunomdulateurs pourraient paraître insuffisants. Pas moins efficace qu’une molécule de référence C’est ici que la seconde étude publiée trouve son intérêt : elle démontre la non infériorité du BG12 par rapport à un traitement de référence, l’acétate de glatiramère. CONFIRM (COmparateur and aN oral Fumarate In Relapsing–remitting Multiple sclerosis (trial) avait un design similaire avec 4 bras : placebo, BG12 X 2/jour, BG12 X 3/jour, acétate de glatiramère par voie sous-cutanée. L’évaluation en simple aveugle a été faite toutes les 12 semaines sur le plan clinique et à 24, 48 et 96 semaines en IRM. L’analyse statistique ayant porté sur 1 417 des 1 430 patients initialement inclus a montré des résultats similaires en terme d’efficacité clinique et radiologique des deux molécules actives par rapport au placebo. Toutefois, à la différence de l’étude DEFINE, il n’a pas été observé d’effet sur la progression du handicap. Plus intéressant, l’étude post hoc a montré que le BG12 à 3 prises par jour était supérieur à l’acétate de glatiramère sur le taux annualisé de poussées et les anomalies IRM mais il faut se souvenir que cette étude n’avait pas été construite pour objectiver cette différence d’effet. En conclusion, le fumarate pourrait représenter une alternative efficace par voie orale et avec des effets indésirables bénins (flush et troubles digestifs) dans le traitement de la SEP rémittente. Dr Christian Geny 26/09/2012 Gold R, Kappos L, Arnold DL, et coll. : Placebo-controlled phase 3 study of oral BG-12 for relapsing multiple sclerosis. N Engl J Med 2012; 367: 1098-107. Fox RJ, Miller DH, Phillips JT, et coll. : Placebo-controlled phase 3 study of oral BG-12 or glatiramer in multiple sclerosis. N Engl J Med 2012;367:1087-97.

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Published by Chronimed - dans Concept
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