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21 septembre 2012 5 21 /09 /septembre /2012 06:58
Les rats ont été nourris pendant deux ans avec des maïs OGM. Les OGM à nouveau sur le banc des accusés Par Marc Mennessier - le 19/09/2012 Une étude française constate un plus grand nombre de tumeurs et une mortalité plus élevée chez les rats nourris avec un maïs OGM de Monsanto. Les images ont de quoi faire peur: des rats nourris avec un maïs transgénique, pourtant massivement utilisé en alimentation du bétail depuis au moins dix ans, ont développé des tumeurs monstrueuses, grosses pour certaines comme des balles de ping-pong. Le foie et les reins de ces malheureux rongeurs présentent également de graves lésions (nécroses, congestions…) et leur mortalité est deux à trois fois supérieure. Tels sont les résultats «alarmants», selon ses auteurs, d'une étude à paraître dans la revue Food and Chemical Toxicology et rendue publique ce mercredi par Le Nouvel Observateur sous le titre choc: «Oui, les OGM sont des poisons!» De quoi rallumer le débat sur la dangerosité réelle ou supposée des organismes génétiquement modifiés, dans un contexte où la France tente, pour l'instant sans succès, de faire interdire ces cultures en Europe. Sous la houlette de Gilles-Éric Séralini, professeur de biologie moléculaire à l'université de Caen, qui n'en est pas à son premier coup d'essai, les auteurs de ce brûlot ont suivi pendant deux ans pas moins de 200 rats qu'ils ont répartis en neuf groupes d'une vingtaine d'individus. L'objectif était de tester les effets d'un régime alimentaire contenant trois doses (11 %, 22 % et 33 % de la ration totale) de maïs transgénique NK603 de la firme Monsanto, désherbé ou non avec du Roundup, un herbicide également produit par Monsanto auquel ce maïs est capable de résister. Enfin trois autres groupes de rongeurs ont été abreuvés avec une eau contenant des doses d'herbicides proches de celles que l'on retrouve dans les champs de maïs génétiquement modifié. Tous ces rats ont été comparés à des animaux témoins nourris avec une variété non transgénique, très voisine (mais non identique ou isogène) du NK603 et n'ayant pas reçu de Roundup. Les résultats montrent un taux de mortalité bien plus élevé chez les animaux exposés à l'OGM et/ou à l'herbicide. «Une fois la période moyenne de survie écoulée, les décès ont été attribués au vieillissement, écrivent les auteurs. Avant cette période, 30 % des mâles et 20 % des femelles du lot témoin sont morts spontanément.» Mais chez les animaux nourris avec des OGM, ces proportions atteignent «jusqu'à 50 % pour les mâles et 70 % pour les femelles». Selon cette étude, les tumeurs mammaires, très spectaculaires, sont plus fréquentes dans tous les groupes exposés au maïs transgénique et/ou à l'herbicide, mais les écarts ne sont pas toujours significatifs sur le plan statistique. En revanche, les lésions du foie sont beaucoup plus fréquentes (de 2,5 à 5,5 fois plus), notamment chez les mâles, comparées au groupe témoin. L'augmentation est également très marquée mais dans de moindres proportions pour les pathologies rénales. «Dans notre étude, les tumeurs se sont développées considérablement plus vite que dans le groupe contrôle, même si la majorité d'entre elles ont été observées après 18 mois» poursuivent les auteurs. Ce qui est relativement tardif pour des animaux dont l'espérance de vie est d'au maximum trois ans. «Les premières grosses tumeurs détectables sont apparues à 4 et 7 mois, respectivement chez les mâles et les femelles, ce qui montre bien l'inadéquation des tests standards de 90 jours utilisés pour évaluer les cultures d'OGM et la toxicité alimentaires», notent encore les auteurs. Évalué sur le long terme Selon le Pr Séralini, le maïs NK603 n'a jusqu'alors été testé que sur une période de trois mois et c'est la première fois que le Roundup est évalué sur le long terme avec ses adjuvants. «Le crime, c'est que ça n'ait pas été testé avant, que les autorités sanitaires n'aient pas exigé des tests plus longs alors qu'on est à 15 ans de commercialisation des OGM dans le monde», accuse-t-il. Les réactions ne se sont évidemment pas fait attendre. Dès hier après-midi, les ministres de l'Agriculture, de l'Environnement et de la Santé ont fait savoir, dans un communiqué, qu'ils saisissaient «immédiatement» l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) à des fins de vérification. Selon eux, le gouvernement français est même prêt, «en fonction de l'avis de l'Anses», à demander à Bruxelles de suspendre «en urgence l'autorisation d'importation dans l'UE du maïs NK603.» «Si des faits scientifiques nouveaux sont démontrés, nous en tirerons les conséquences», a assuré Frédéric Vincent, le porte-parole du commissaire européen à la Santé, John Dalli, en indiquant que l'Agence européenne de sécurité des aliments (Efsa) allait se saisir du dossier. Pour l'heure, les scientifiques contactés par Le Figaro font part de leur scepticisme. «Il manque des données chiffrées sur les tumeurs et les analyses biochimiques, mais aussi sur le régime alimentaire et l'historique de la souche de rats utilisée», note le toxicologue Gérard Pascal. En outre, contrairement à ce qu'affirme le Pr Séralini de nombreuses études à long terme ont déjà été menées sur des rats et des animaux d'élevage (vaches laitières, porcs, moutons, volailles…) nourris aux OGM. Aucune n'a montré de différence significative… Une série d'images montrant des rats de laboratoire après qu'ils ont été alimentés à base de maïs transgénique. LIRE AUSSI: » Consulter l'étude » Les méfaits du chlordécone avérés chez les nourrissons » Une nouvelle étiquette «sans OGM» sur les aliments (Le Particulier) Par Marc Mennessier

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Published by Chronimed - dans Concept
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