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18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 19:08
Une importante interrogation (encore sans réponse aujourd'hui) concerne la signification des statistiques sur la prévalence croissante de l'autisme : reflète-t-elle simplement les progrès présents en matière de diagnostic, ou une envolée effective de sa fréquence dans le monde (culminant avec l'estimation de 2,6 % de la population générale en Corée) ? Pour Emily Simonoff (professeur de pédopsychiatrie à Londres), on ne peut répondre avec certitude à cette question, faute d'un « biomarqueur» disponible pour caractériser formellement l'autisme. Il faut aussi s'entendre sur ce dont on parle vraiment. En effet, les actuels « troubles du spectre autistique» ne se résument pas à l'autisme classique de Kanner, mais comprennent aussi « le syndrome d'Asperger, l'autisme atypique et d'autres troubles envahissants du développement.» Et dans les critères retenus désormais pour évoquer l'autisme, on n'exige plus forcément la « présence de stéréotypies et de comportements ou centres d'intérêts répétitifs», mais ce diagnostic peut être envisagé devant « suffisamment de symptômes relatifs à des déficits de la socialisation et de la communication.» Quant aux causes de l'autisme, encore inconnues, plusieurs dimensions (probablement complémentaires) sont explorées, surtout d'ordre environnemental ou génétique (confortées par des études comparatives sur les jumeaux monozygotes ou dizygotes). À mi-chemin de ces hypothèses, l'auteur rappelle la piste du « cerveau hyper-masculinisé» (proposée par Simon Baron-Cohen) où une imprégnation androgénique in utero excessive par la testostérone foetale entraînerait ultérieurement « des modifications de la personnalité en relation avec l'autisme», dans la mesure où le taux de testostérone foetale se révèlerait en corrélation inverse avec la fréquence des contacts oculaires à un an, avec le degré d'empathie vers huit ans, et en corrélation directe avec l'intensité des traits autistiques. Mais quoi qu'il en soit, les recherches récentes ont « anéanti l'hypothèse de la mauvaise mère» (en anglais « refrigerator mother», mère-réfrigérateur) à laquelle certains imputaient jadis la responsabilité des troubles autistiques ou psychotiques chez son enfant. Simonoff E : Autism spectrum disorder: prevalence and cause may be bound together. Br J Psychiatry, 2012; 201: 88-89. 17/09/12 Dr Alain Cohen

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Published by Chronimed - dans Infections froides
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clovis simard 01/11/2012 20:24

Voir Blog(fermaton.over-blog.com)No.20 - THÉORÈME des BULLES. - Conscience et Corrélation ?