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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 08:53
C’est un sujet à la mode, et peut être avez-vous vu les études et résumés (parfois repris sur ce site) qui font de certains adénovirus, et en particulier Ad-36, l’exemple type d’une association infection expérimentale/ prise de poids chez l’animal. Si l’exemple est frappant, il n’est (sans doute) pas unique, et d’autres micro-organismes, comme Helicobacter pylori, si présent à tous les âges dans les populations peu favorisées, ont été associés à un moindre poids des adultes concernés. Les infections de l’enfance font-elles, d’une façon ou d’une autre, l’IMC des adultes qu’ils deviendront ? Frappés par le fait qu’aux Philippines les taux d’obésité ont flambé entre 1985 et 2005 (avec un quart de la population en surpoids et un gain de presque 10 kg chez les femmes de 40 ans), alors que dans le même temps étaient réalisées de grandes campagnes de vaccination et que l’accès aux soins s’améliorait considérablement, G Suh et al. -affiliés à Stanford, USA- ont recherché, sur une cohorte de 1 863 personnes, d’éventuels rapports entre IMC de l’adulte et infections infantiles. Etude, donc, des données de la Cebu Longitudinal Health and Nutrition Survey, composée d’enfants nés à Cebu entre mai 1983 et avril 1984, et pour lesquels étaient collectées et conservées des données anthropométriques, diététiques et infectieuses, qui pouvaient être comparées à d’autres items enregistrés 20 ans plus tard. Passées à la moulinette des statistiques, régressions multivariées et autres χ², et en admettant pour des populations asiatiques des IMC > 23 et 27 Kg/m2 pour définir surpoids et obésité, l’analyse finale révélait que les infections respiratoires hautes étaient associées à une augmentation de l’IMC, alors que les diarrhées, fièvres et environnements insalubres l’étaient avec un IMC plus faible. Des résultats et surtout une analyse assez rigoureuse pour, selon les auteurs, affirmer que les infections infantiles ne seraient pas sans retentissement ultérieur… En 2005 paraissait dans la revue Nature un article de RF Ley et coll. au titre éloquent « Microbial ecology : human gut microbes associated with obesity ». Comme de nombreux autres avant eux, G. Suh et coll. se réfèrent à ce travail princeps, rappelant que les infections, tant par les cytokines et autres médiateurs de l’inflammation qu’elles induisent que par les traitements antibiotiques prescrits, influencent évidemment la flore intestinale. Sans doute ne sera-t-on guère étonné, finalement, qu’une enfance diarrhéique induise de faibles IMC 20 ans plus tard, mais peut-être un peu surpris que des infections pulmonaires produisent l’effet contraire. Les auteurs avancent ici le modèle Ad-36, justement responsable expérimentalement d’obésité, et remarquent que les infections respiratoires induisent de fortes consommations d’antibiotiques, donc d’importantes modifications de la flore intestinale dont on ne connaît pas les conséquences. Pourquoi pas, après tout ? Dr Jack Breuil 13/09/2012 G Suh et coll. : Infectious diseases in children and body mass index in young adults. Emerging Infectious Diseases 2012 ; 9 : 1490-2.

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Published by Chronimed - dans Infections froides
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