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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 07:10
Parmi les risques et maladies que chacun déclare craindre « beaucoup » ou « pas mal », les hépatites virales et le SIDA si situent au même niveau (20,3 %), en 5ème position après le cancer (59,4 %), les accidents de la circulation (58,7 %), les démences séniles (39,8 %) et les maladies cardiaques (38,8 %). Voilà, dans la rubrique « Perceptions », un des résultats marquants de l’enquête KABP (Knowledge, attitudes, beliefs and practices), consacrée au VIH/SIDA mais avec un module VHB, réalisée en 2010 par téléphone sur un échantillon aléatoire de 9 014 personnes de 18-69 ans résidant en France métropolitaine. Une enquête instructive, grâce à laquelle on découvre que si nos patients craignent autant les hépatites que le VIH, ils ne les connaissent pas aussi bien les unes que l’autre, et ne tirent pas toujours les conséquences pratiques adaptées à leurs craintes… Connaissances ; 96,1% des interrogés avaient déjà entendu parler de l’hépatite B ; parmi eux, 89,9 % savaient que le VHB peut se transmettre en partageant une seringue (drogue IV, versus plus de 99 % pour le VIH), 79,1 % lors d’une grossesse et 69,7 % lors de rapports sexuels sans préservatifs. Les proportions de personnes estimant la transmission possible lors d’une piqûre de moustique sont proches pour le VIH et le VHB, avec 24,5 et 26 %. En analyse multivariée, un bon niveau de connaissance des modes de transmission est plus souvent retrouvé chez les femmes que les hommes, les 18- 30 ans que leurs aînés, quand le niveau d’études est élevé, quand le revenu mensuel du foyer est > 3000 €, chez les personnes ne vivant pas en couple ou en relation stable, et enfin chez celles déclarant connaître une personne infectée. Perceptions. A côté des craintes précédemment évoquées, notons seulement la perception d’un risque de contamination supérieur à la moyenne n’est pas liée au niveau de connaissance des modes de transmission du VIH. Pratiques de dépistage et de vaccination. Le recours aux tests de dépistage, de 27,4 % contre 61,3 % pour le VIH (mais sans doute sous-estimé), est essentiellement retrouvé chez les personnes nées en zones hyper endémiques, et chez celles rapportant avoir pris des drogues IV ; en outre, le recours déclaré était plus fréquent chez les 31-44 ans et chez les diplômés, et il était associé à un bon niveau de connaissance des modes de transmission et à la vaccination. Cette dernière (47 % des interrogés déclarant avoir reçu au moins une dose) était plus fréquemment rapportée par les femmes, les 18-24 ans, les diplômés (bac et plus), ceux qui s’estimaient à risque ou avaient déjà bénéficié d’un test de dépistage. Les résultats de l’enquête KABP, qui confronte pour la première fois les connaissances du grand public sur le VHB et le VIH, témoignent pour ses auteurs de la nécessité d’améliorer les connaissances de la population sur le VHB, afin de renforcer les pratiques de dépistage et de vaccination, notamment des personnes à risque. On a parfois l’impression, à la lecture de cet article et d’autres consacrés au même sujet, que la mesure de la gravité de l’infection n’est pas prise par tout un chacun ; à y réfléchir, c’est peut-être compréhensible pour une infection dont l’incidence annelle était de 2 400 cas environ entre 2005 et 2009, pour une prévalence de l’infection chronique de « seulement » 0,65 % en 2004. Dr Jack Breuil 04/09/2012 Brouard C et coll. : Connaissances, perceptions et pratiques vis-à-vis de l’hépatite B en population générale en France métropolitaine en 2010. BEH 2012 : 29-30 (10 juillet 2012) : 333-338

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Published by Chronimed - dans Infections froides
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