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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 22:13
Paris, le mercredi 29 août 2012 – Se soigner coûterait de plus en plus cher, les remboursements de l’Assurance maladie s’amenuiseraient comme peau de chagrin et le nombre de médicaments ne cesserait de s’envoler. Il n’est guère besoin de poursuivre longtemps une conversation avec quiconque concernant le coût de la santé avant que soit énoncé ce type de verdicts. Ils présentent cependant une vision totalement erronée de la réalité emprunt du marasme ambiant et se basant sur des chiffres anciens qui n’ont plus lieu d’être. Aujourd’hui, en effet, le marché des médicaments est marqué par une très faible croissance. Selon un rapport publié cet été par le Comité économique des produits de santé (CEPS), il n’a ainsi progressé que de 0,7 % entre 2010 et 2011, quand la croissance annuelle était de 7,7 % en 2000, rythme qui fut en moyenne conservé jusqu’en 2004, avant de diminuer significativement à partir de 2006. Prix et nombre de boîtes en baisse Concernant les pharmacies de ville, le CEPS note que « les ventes de médicaments (remboursables, ndrl) délivrés en officine, exprimées en prix fabricant hors taxe, ont progressé de 0,3 % par rapport à 2010 ». Si l’évolution des prix a eu une influence négative sur la croissance du marché (de - 2,3 % entre 2010 et 2011 et au total de - 19 % depuis 2000) de même que le nombre de boîtes (de - 0,4 % entre 2010 et 2011 et au total de - 1,4 % depuis 2010), un « effet de structure » contribue encore à impulser une très légère croissance ; soit « la déformation de la structure des ventes des médicaments les moins coûteux vers les médicaments les plus coûteux ». Marge stable pour les pharmaciens depuis 2008 Autre enseignement de ce rapport : le prix fabricant hors taxe moyen d’une boîte de médicament remboursable délivré en officine a connu entre 2010 et 2011 une progression limitée à quatre centimes d’euros (passant de 7,54 à 7,58) tandis que le prix public TTC augmentait de 10,53 à 10,58. Une stabilité qui s’observe également dans l’absence de progression des marges de distribution, qui stagnent à 2,78 euros en moyenne par boîte de médicaments vendus depuis 2008. Cette situation participe clairement aux difficultés économiques croissantes évoquées par les officines. Taux de remboursement et ALD : rien ne bouge Enfin, le CEPS offre une information qui ne manquera pas de dérouter les cassandres qui annoncent régulièrement la fin de notre système de sécurité sociale. Aujourd’hui, le taux de remboursement des médicaments par l’Assurance maladie est parfaitement stable : il est passé de 76,25 % en 2010 à 76,41 % en 2011. Cette stabilité est doublement rassurante : elle discrédite la thèse d’une « démission » de la sécurité sociale et à l'inverse elle montre que contrairement à ce qui a pu souvent être redouté les prises en charge à 100 % (accessibles dans le cadre du dispositif ALD) n’ont pas flambé. « La proportion de remboursements à 100 % (…) n’a donc pas évolué entre 2010 et 2011 et représente 30 % des ventes remboursables de médicaments dans le champ de l’ONDAM ville », relèvent en effet les auteurs du rapport. Aurélie Haroche

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Published by Chronimed - dans Concept
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