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27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 07:00
C’est une infection dont la fréquence n’a cessé d’augmenter ces dernières années, tant en Europe qu’aux Etats-Unis, au point de devenir la première infection sexuellement transmissible (IST) bactérienne. Dans le même temps, les techniques de biologie moléculaire se sont généralisées, et la nomenclature des actes de biologie médicale a été adaptée. Les infections à Chlamydia (C) trachomatis, aux complications parfois redoutables, sont volontiers asymptomatiques : il faut connaître leur épidémiologie et savoir les diagnostiquer. D’où (entre autres), l’intérêt de cette revue complète que nous propose aujourd’hui le CNR (centre national de référence) des infections à Chlamydia de l’université de Bordeaux. En 2009, 343 958 cas ont été rapportés dans 23 pays de l’union européenne, correspondant à 185 cas/100 000 habitants, plus fréquemment des femmes (217/100 000) que des hommes (152/100 000), la véritable incidence étant vraisemblablement plus élevée. Les trois-quarts des cas concernent des sujets jeunes entre 15 et 24 ans. Une tendance à l’augmentation… reflétant une amélioration de la surveillance, des dépistages et des outils de détection. En France, l’étude Natchla révèle des prévalences de 1,4 et 1,6 % chez les hommes et femmes de 18 à 44 ans, plus élevées chez les 18-29 ans. Le facteur de risque commun chez ces derniers est d’avoir eu récemment un partenaire occasionnel ; pour les hommes les autres sont le fait de résider en Ile de France ou d’avoir eu des partenaires du même sexe, pour les femmes d’avoir eu plus de deux partenaires dans l’année et d’être non diplômées. Un fait notable est que les prévalences dans les tranches d’âge féminines 18-24 ans et 25-29 ans sont assez semblables, ce qui devrait inciter à inclure dans les recommandations les femmes jusqu’à 30 ans. Les tests de biologie moléculaire (BM) avec amplification génique, qui ont nettement amélioré la qualité des résultats, doivent remplacer toutes les autres techniques (culture cellulaire, tests antigéniques, hybridation moléculaire sans amplification). La nomenclature des actes de biologie médicale vient d’ailleurs d’être modifiée, n’autorisant plus que le remboursement de la détection par amplification génique. Dans le décret du JO du 5 octobre 2011, il est bien précisé qu’en cas de rapport sexuel anal et/ou pharyngé, il est important de rechercher C. trachomatis dans les deux ou trois sites, génital, rectal et/ou pharyngé (on notera que les excellentes sensibilité et spécificité de l’amplification autorisent des recherches tant en sites pluri microbiens que pauci microbiens, à l’instar de l’auto-prélèvement). L’avenir est certainement à la détection multiplex, associant dans un geste unique la mise en évidence des principaux agents bactériens d’IST, C trachomatis, N. gonorrhoeae et M. genitalium, du parasite T. vaginalis et des virus du groupe HSV. Tous les aspects de l’infection à C trachomatis sont envisagés dans cette revue, y compris certains qui ne peuvent être repris ici faute de place (stratégies de dépistage, recommandations thérapeutiques , intérêt du séro diagnostic ou ano rectites à C. trachomatis). Une revue complète pour une infection en expansion. Dr Jack Breuil 26/06/2012 De Barbeyrac B et coll. : Infection à Chlamydia trachomatis : quoi de neuf ? Feuillets de biologie 2012 ; 306 : 33-38

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Published by Chronimed - dans Infections froides
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