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15 juin 2012 5 15 /06 /juin /2012 07:28
Pas d’équivoque : le cancer est une maladie qui fait peur. Elle est même celle qui est considérée la plus grave par une majorité de Français (71 %), loin devant le Sida (49 %) et les maladies cardiovasculaires (30 %), nous révèle la deuxième édition du Baromètre Cancer réalisée par l’Institut national de prévention et d’éducation à la Santé (INPES) et l’Institut national du cancer (INCA) auprès de 4 000 personnes en 2010. Et la grande confiance des Français dans les traitements actuels (90 % pensent aujourd’hui que l’on peut guérir de nombreux types de cancers) ne change rien à l’affaire : la proportion de personnes considérant les cancers comme les pathologies les plus redoutables ne cessent de s’accroître (71 % contre 64 % en 2005). Devenir aigri : un risque pour la moitié des Français ! Inquiets, les Français ne sont pour autant pas fatalistes : ils sont 75 % à ne pas être d’accord avec l’assertion selon laquelle on « ne peut rien faire pour éviter le cancer ». Ils identifient d’ailleurs assez facilement les principaux comportements à risque susceptibles de favoriser l’apparition d’un cancer. Ils sont ainsi 98 % à citer le tabagisme et 97 % l’exposition au soleil sans protection. Mais à côté de ces vérités bien enregistrées, d’autres « rumeurs » semblent s’être imposées dans l’esprit des Français comme des certitudes bien établies. Ils sont ainsi 69 % à être convaincus que le fait de vivre auprès d’une antenne relais augmente le risque d’être victime d’un cancer, contre 49 % il y a cinq ans ! On trouve en outre 75,7 % de Français persuadés que le fait de subir le stress de la vie moderne est une situation à risque (contre 68,2 % il y a cinq ans) et 51,2 % qui sont pareillement convaincus que le fait d’être « devenu aigri à cause de déceptions affectives ou professionnelles » est « cancérigène » ! Les fumeurs se rassurent comme ils peuvent Si on le voit, la perception des risques est encore sujette à de très nombreuses idées reçues et fortement influencée par les polémiques les plus bruyantes, le baromètre cancer révèle en outre que les risques les mieux identifiés sont également souvent relativisés. D’abord, sans grande surprise, l’enquête met en évidence la tendance (plutôt humaine) des fumeurs à minimiser les dangers auxquels ils s’exposent. Ainsi sept non fumeurs sur dix sont d’accord pour affirmer que certains peuvent fumer toute leur vie sans être touchés par un cancer du poumon tandis qu'ils sont huit sur dix à faire leur cette assertion chez les fumeurs ! A quoi bon arrêter de fumer, puisque la pollution est pire ! Mais au-delà même de cette différence entre fumeurs et non fumeurs, beaucoup sont convaincus (70 % de l’ensemble des personnes interrogées) que les dégâts du tabac peuvent être compensés par la pratique d’une activité physique ! « Or si la pratique régulière d’une activité physique est en effet un facteur de protection du cancer du sein et du cancer colorectal, les résultats sur le cancer du poumon ne sont pas avérés » rappelle l’INPES. De même, demeure ancrée chez beaucoup l’idée que le tabac n’est pas le pire des maux. « Respirer l’air des villes est aussi mauvais pour la santé que de fumer des cigarettes » assure ainsi 65 % des Français (et jusqu’à 69 % des fumeurs invétérés). D’accord, mais pas le vin ! Sur les méfaits de l’alcool, même relativisme. Ainsi, une personne interrogée sur deux estime que seuls les alcools forts sont dangereux pour la santé. Toujours, par ailleurs, les risques environnementaux sont surestimés par rapport à la menace représentée par l’alcool : ainsi 57,6 % des Français font leur l’assertion selon laquelle « la pollution provoque aujourd’hui plus de cancers que l’alcool ». Enfin, la proportion de personnes qui sont convaincues que le fait de boire de l’alcool est mauvais pour la santé uniquement en cas d’ivresse atteint encore aujourd’hui 22,5 %. Sur l’ensemble de ces points, de grandes différences sociales apparaissent. Ainsi « un enquêté qui a un niveau de diplôme inférieur au baccalauréat, qui se trouve au chômage et qui appartient à un ménage moins aisé a environ cinq fois plus de chances de penser que l’alcool, excepté en cas d’ivresse, n’est pas mauvais pour la santé ». Des disparités sociales qui n’ont pas évolué ces cinq dernières années. Illustration : protestation anti-pollution à Mexico, ville la plus polluée au monde Aurélie Haroche

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Published by Chronimed - dans Concept
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