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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 07:11
Selon un article labellisé « Evidence-Based Psychiatric Treatment » (thérapeutique psychiatrique fondée sur des preuves, déclinaison de l’Evidence-Based Medicine[1]), 2 à 5 % des femmes non ménopausées seraient concernées par un « trouble dysphorique prémenstruel ». Ce trouble de l’humeur est actuellement inclus dans « l’appendice B du DSM-4 », mais pour les experts préparant la prochaine édition du manuel (DSM-5), ce diagnostic serait suffisamment étayé pour prétendre au Saint Graal d’une affection psychiatrique : la pleine reconnaissance d’une catégorie consacrée dans le DSM. Les auteurs indiquent l’ensemble des « critères recommandés » pour orienter vers ce « nouveau » diagnostic dans le DSM-5 : A. Dans la plupart des cycles, durant l’année passée, 5 symptômes (ou plus) de la liste suivante sont apparus pendant la dernière semaine précédant les règles, ont commencé à s’améliorer juste après l’apparition des règles, puis ont été minimes ou absents dans la semaine suivant les règles, avec la présence d’au moins un des symptômes parmi les quatre premiers critères de la liste suivante : 1 Labilité affective marquée (par exemple des sautes d’humeur, de brusques accès de tristesse ou de pleurs, ou la sensation d’être rejetée). 2 Irritabilité marquée, colère ou augmentation des conflits interpersonnels. 3 Humeur dépressive, sentiment de désespoir ou idées d’auto-dépréciation. 4 Anxiété marquée, tension, sentiment d’être « survoltée » ou « à bout. » 5 Intérêt en berne pour les activités habituelles (travail, études, loisirs, relations amicales). 6 Sentiment subjectif de difficulté de concentration. 7 Léthargie, fatigabilité ou manque flagrant d’énergie. 8 Modification de l’appétit, boulimie ou attirance spécifique pour un aliment. 9 Troubles du sommeil (hypersomnie ou insomnie). 10 Sentiment subjectif d’être submergée ou « incontrôlable. » 11 Autres symptômes physiques tels que sensibilité ou gonflement des seins, douleurs articulaires ou musculaires, sensation de « ballonnement » ou de prise de poids. B. Les symptômes précédents sont associés à un contexte clinique de détresse ou interfèrent avec le travail, les études, les activités habituelles ou les liens avec autrui (évitement des activités sociales, baisse d’efficience au travail, dans les études ou dans les activités domestiques). C. Ce trouble ne doit pas se résumer à une exacerbation des symptômes d’une autre affection, comme une dépression sévère, un trouble panique, un autre trouble dysthymique, un trouble de la personnalité (malgré une coexistence possible avec l’un quelconque de ces troubles). D. La présence des critères A, B et C doit être attestée pendant au moins deux cycles comportant une symptomatologie (le diagnostic pouvant être évoqué à titre provisoire avant cette confirmation). E. Les symptômes recensés ne doivent pas être directement imputables aux effets indésirables d’un médicament ou d’une drogue, ni à une étiologie organique (telle qu’une hyperthyroïdie). Pour les auteurs, l’inclusion de cette catégorie nosographique dans le DSM-5 permettra non seulement d’améliorer « la recherche et la thérapeutique », mais aussi de renforcer « la crédibilité des patientes éprouvant une détresse significative » en période prémenstruelle. [1] http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9decine_fond%C3%A9e_sur_les_faits Dr Alain Cohen 06 05 2012 Neill Epperson C et coll. : Premenstrual dysphoric disorder : evidence for a new category for DSM-5. Am J Psychiatry 2012; 169: 465–475

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Published by Chronimed
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