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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 17:01
La consommation régulière de tomates, à raison d'au moins 7 parts/semaine a été associée à une réduction de 30 % des maladies cardiovasculaires. Les éventuels bienfaits de la tomate pourraient notamment être liés à sa richesse en lycopène. Pour savoir s'il est vraiment justifié de recommander la tomate pour prévenir l'infarctus du myocarde, F Thies et al. ont mené un essai randomisé évaluant l'effet d'une alimentation riche en tomates sur les facteurs de risque cardiovasculaire. Des sujets en surpoids (IMC : 26,6 kg/m²), d'âge moyen (51 ans) et en bonne santé, ont été randomisés en trois groupes : (1) suivi d'un régime riche en tomate apportant au minimum 70 mg/semaine de lycopène (notamment sous forme de jus, purée, sauce, ketchup, soupe; n=81), (2) régime normal supplémenté en lycopène (70 mg/semaine sous forme de gélules, n=68) et (3) suivi d'un régime normal restreint en tomate (groupe témoin, n=76). Une enquête alimentaire sur sept jours et la mesure des paramètres cliniques et biologiques ont été réalisés chez les sujets, avant puis douze semaines après la randomisation. Les apports caloriques, en macronutriments et micronutriments d'origine alimentaire ont évolué de manière similaire au cours de l'intervention dans les trois groupes, en dehors du calcium et de la vitamine E. L'apport alimentaire de lycopène était de 221 à 351 mg/semaine dans le groupe "régime riche en tomate" et de 0 à 20 mg/semaine dans les deux autres groupes. La concentration plasmatique du lycopène confirmait l'adhésion des sujets au régime à suivre. Cliniquement, le poids a diminué davantage avec le régime riche en tomate par rapport au groupe témoin. Ce résultat est à manier avec précaution. En outre, les tomates n'ont pas entraîné de réduction de la pression artérielle ni de la vélocité d'onde de pouls par rapport aux deux autres régimes. Enfin les lipides plasmatiques, les marqueurs de l'inflammation (CRPus, IL6, ICAM-1) du stress oxydant (LDLoxydés) de l'insulinorésistance (index HOMA) et de l'insulinosensibilité (Index QUICKI) n'ont évolué dans aucun des groupes de façon significative au cours de l'intervention. Ces résultats décevants ne montrent pas d'effet bénéfique de la consommation régulière de tomates ni de l'élévation du taux plasmatique de lycopène sur les facteurs de risque cardiométaboliques. Les données épidémiologiques ne sont donc pas confirmées, ni les résultats de quelque essais cliniques positifs, mais généralement non contrôlés, supposant l'intérêt des tomates pour réduire le risque cardiovasculaire. En pratique, il n'est pas justifié de recommander spécialement la tomate pour la prévention des maladies cardiovasculaires. Néanmoins on rappellera que cette étude a inclus une population en bonne santé. Ces résultats ne peuvent pas être extrapolés à des patients à risque (diabétiques, hypertendus...) chez lesquels une étude randomisée est indispensable pour émettre une conclusion. Dr Boris Hansel 18/05/2012 Thies F et coll. : Effect of a tomato-rich diet on markers of cardiovascular disease risk in moderately overweight, disease-free, middle-aged adults: a randomized controlled trial. Am J Clin Nutr., 2012 ; 95 : 1013-22.

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Published by Chronimed - dans Nutrition
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commentaires

Centre d'appel 22/05/2012 12:54

grande déception pour les adeptes de la cure de tomates, néanmoins, la tomate présente d'autres vertus à exploiter. la tomate (en sauce) reste à consommer avec modération j'en ai peur!
Manon

Chronimed 25/05/2012 17:46



C'est certain ... très acide néanmoins