Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
6 mai 2012 7 06 /05 /mai /2012 08:26
L’hystérectomie n’est plus le seul traitement définitif des métrorragies résistant au traitement médicamenteux. Dans les années 80 d’autres techniques permettant une ablation de l’endomètre et alternatives à la chirurgie, ont fait leur apparition : ablation à la bille roulante, résection transcervicale ou ablation au laser, nécessitant toutes une hystéroscopie. Elles ont été suivies par les techniques dites « de deuxième génération », parmi lesquelles la destruction par micro-ondes, l’ablation par radiofréquence bipolaire, la thermo-ablation par ballon et l’ablation hydrothermique par irrigation. Toutes, sauf cette dernière ne nécessitent pas d’hystéroscopie. Elles ont l’avantage de la rapidité, d’un risque de complications moindre à celui de la chirurgie et, le plus souvent, de ne pas exiger d’anesthésie générale. Une équipe du Royaume-Uni a réalisé une méta-analyse des essais étudiant ces techniques de deuxième génération, soit 19 essais au total, incluant 3 287 patientes. Entre les trois techniques les plus couramment utilisées, l’ablation par radio-fréquence bipolaire et la destruction par micro-ondes semblent avoir un avantage sur la thermo-ablation par ballon, en termes d’obtention d’une aménorrhée, 12 mois après l’intervention (odds ratio [OR] : 2,51 ; Intervalle de confiance à 95 % [IC 95] : 1,53 à 4,12, P<0,001 et 1,66 ; 1,01 à 2,71, P=0,05, respectivement). Il n’y a toutefois pas de différence notable en ce qui concerne la satisfaction des patientes ou la fréquence de reprise des saignements. L’ablation hydrothermique de l’endomètre est moins souvent utilisée et s’accompagne d’une reprise des saignements plus souvent que la destruction par radio-fréquence bipolaire ou par micro-ondes (OR : 2,19 ; IC 95 : 1,07 à 4,50, P=0,03 ; et 2,91 ; 1,23 à 6,88, P=0,02, respectivement). Enfin plus rare et souvent considérée encore comme expérimentale, la destruction par thermothérapie intra-utérine au laser semble avoir des résultats prometteurs, avec le taux le plus élevé d’aménorrhée, mais d’après un seul essai et sur un échantillon réduit de patientes. Parmi ces méthodes de deuxième génération d’ablation de l’endomètre, la radio-fréquence bipolaire ou les micro-ondes paraissent donc présenter un léger avantage sur les autres. Les auteurs ne relèvent pas de différence notable dans les taux respectifs d’effets indésirables. Ces méthodes peuvent être proposées aux patientes désireuses de garder leur utérus, après avoir bien entendu éliminé une lésion histologique utérine. Notons qu’après une telle intervention les grossesses sont rares mais possibles, et qu’une contraception doit être proposée. Dr Roseline Péluchon 04/05/2012 Daniels JP et coll. : Second generation endometrial ablation techniques for heavy menstrual bleeding: network meta-analysis. BMJ 2012;344:e2564 doi: 10.1136/bmj.e2564

Partager cet article

Repost 0
Published by Chronimed - dans Les ondes
commenter cet article

commentaires