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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 09:10
Les recommandations vaccinales 2012 selon l’avis du HCSP (haut conseil de la santé publique) viennent d’être publiées dans le BEH. Sans surprise, on lit dans les points-clés que les femmes enceintes, quel que soit le trimestre de la grossesse, et les personnes obèses avec un IMC > 40 kg/m2, sont ajoutées à la liste des personnes éligibles à la vaccination contre la grippe saisonnière. Une attitude apparemment logique, et qui repose en grande partie sur les résultats concordants de multiples études montrant que les obèses, outre qu’ils semblaient plus sensibles au risque du H1N1 de 2009, seraient d’une façon globale plus à risque d’hospitalisation en cas d’atteinte par un banal virus saisonnier… Les obèses devraient donc, si les recommandations du HCSP sont effectivement suivies d’effet, être protégés contre la prochaine épidémie de grippe. Est-ce si sûr, est-ce si simple ? Un « major article », publié il y a peu dans le JID et accompagné de l’éditorial d’un spécialiste reconnu, sème le trouble dans les esprits. Kim YH. et coll., en effet, mettent en évidence que des souris C57BL/6J expérimentalement obèses (modified western diet) immunisées par un vaccin commercialisé anti-H1N1 pandémique n’étaient pas protégées contre une infection ultérieure au virus correspondant : là ou 86 % des animaux maigres vaccinés survivaient, aucun obèse ne résistait plus de 12 jours. Les auteurs remarquaient en outre que les souris obèses développaient de plus forts titres viraux pulmonaires, des lésions plus marquées, et une expression tissulaire locale plus forte des mRNAs des cytokines et chémokines pro-inflammatoires. Chez elles, les titres d’anticorps neutralisants étaient sensiblement plus bas une semaine après la troisième injection. Au total, non seulement le vaccin n’empêchait pas l’infection grippale, mais une fois contaminés, les rongeurs obèses développaient des lésions pulmonaires plus délabrantes que les autres, accompagnées de réponses inflammatoires extrêmes. On nous opposera peut-être l’argument classique que les plus gros d’entre nous n’ont rien à voir avec des souris surnourries au lard. Un argument sans doute fallacieux puisque force est de constater que les études de pathogénie murine ont largement permis dans le passé de prévoir l’évolution grippale chez l’homme. Le problème majeur et fort ennuyeux de ce travail est qu’il n’est ni unique ni révolutionnaire mais s’inscrit comme un maillon plus ou moins prévisible d’une grande chaîne logique : d’autres équipes avaient déjà soulevé le lièvre et démontré que des souris infectées par des (d’autres) virus grippaux souffraient de morbidité et mortalité accrues après des infections expérimentales. Il apparaît clairement que la réponse immunitaire de l’obèse est altérée, et que cette atteinte pourrait jouer un rôle particulier et délétère vis-à-vis du virus grippal, non rattrapé par la vaccination. Un problème planétaire puisque, selon l’OMS, 500 millions d’adultes et environ 43 millions d’enfants de moins de 5 présenteraient un IMC > 30. Dr Jack Breuil 29/04/2012 Kim YH et coll. : Diet-induced obesity dramatically reduces the efficacy of a 2009 pandemic H1N1 vaccine in a mouse model. JID 2012 ; 205 : 244-252. Editorial de commentart Beck, pp 172-3.

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Published by Chronimed - dans Concept
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