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22 avril 2012 7 22 /04 /avril /2012 12:00
Il est fréquent de retrouver des artères jambières calcifiées chez les diabétiques, les insuffisants rénaux, les sujets âgés, et plus généralement les coronariens et autres patients « vasculaires ». Ces calcifications pariétales se traduisent par une mauvaise compressibilité, voire une incompressibilité, des artères. Cliniquement, ce diagnostic se fait banalement à l'aide d'un doppler continu et d'un brassard à tension. Une équipe américaine a eu l'idée d'évaluer la mortalité des sujets présentant une mauvaise compressibilité des artères jambières et de la comparer à celle des sujets ayant un index de pressions systoliques (IPS) réduit et à celle des sujets normaux. Cette étude a été menée par la Mayo Clinic sur des patients explorés consécutivement entre 1998 et 2007. Quelque 16 000 sujets âgés en moyenne de 67,8 ± 13 ans (n : 16 493 ; 59 % d'hommes) ont été suivis pendant près de 6 ans en moyenne (5,8 ± 3,1 ans). Un quart d'entre eux sont décédés au cours de ce suivi (n : 4 365 ; 26 %). Un index de pressions systoliques (IPS) compris entre 1,00 et 1,3 était considéré comme normal tandis que l'artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI) était définie par un IPS <= 0,9. Les artères de jambes étaient dites « incompressibles» en cas d'IPS >= 1,4 et (ou) de pression artérielle systolique mesurée à la cheville > 255 mm Hg. Le taux de survie a été de 88 % chez les sujets ayant un IPS normal contre 70 % en cas d'AOMI et de 60 % en cas d'artères de jambes incompressibles. Après ajustement sur l'âge, le sexe, les habituels facteurs de risque cardiovasculaire, les comorbidités et les traitements, il est apparu que des artères de jambes incompressibles sont un marqueur de risque indépendant de décès, avec une mortalité doublée par rapport aux sujets normaux (hazard ratio [HR] : 2,0 ; intervalle de confiance à 95 % [IC] : 1,8-2,2) et une mortalité augmentée de 30 % par rapport aux sujets ayant une AOMI (HR : 1,3 ; IC : 1,2-1,4). Le sur risque a semblé particulièrement marqué chez les femmes. Il s'agit de la première étude concluant que l'incompressibilité des artères de jambe est associée à une mortalité supérieure à celle observée en cas de « banale » AOMI. Sujet certainement à creuser. Arain FA et coll. : Survival in patients with poorly compressible leg arteries. J Am Coll Cardiol 2012; 59: 400-7 20/04/12 (JIM) Docteur Olivier Meillard

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Published by Chronimed - dans Concept
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