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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 06:58
Il est maintenant clairement démontré que la grande majorité des individus qui entreprennent un régime amaigrissant (RA), équilibré ou pas, ont ensuite tendance à revenir à leur poids initial voire à le dépasser. L'effet à long terme du RA semble donc paradoxal, puisqu'il conduit à l'inverse de l'objectif désiré. Cette reprise de poids associée au RA est-elle due à une prédisposition génétique à la prise de poids ou bien à la perte de poids initiée en début de RA ? L'objectif de cette étude finlandaise menée chez des jumeaux est donc de déterminer si à patrimoine génétique égal un RA peut déclencher à long terme une prise de poids excessive. Près de 2 000 paires de jumeaux, dont 542 monozygotes, sans antécédents médicaux ont été incluses dans l'étude. Leur IMC a été relevé à l'âge de 16 et 25 ans, ainsi que le nombre de RA entrepris ayant permis une perte de poids supérieure à 5 kg (les réponses allant d'aucune fois à plus de 5 fois) À l'âge de 16 ans, l'IMC moyen était de 20,3 kg/m² tandis qu'à 25 ans il était passé à 23 kg/m². Globalement (monozygotes et dizygotes réunis), le risque de présenter un surpoids (IMC > 25 kg/m²) à l'âge de 25 ans était significativement plus important chez ceux qui avaient entrepris au moins un RA par rapport à ceux qui n'en avaient jamais fait (Odd ratio allant de 1,82 à 5,22 en fonction du sexe et du nombre de RA entrepris). Concernant les seuls jumeaux monozygotes, l'évolution de L'IMC de 16 à 25 ans pour les paires concordantes vis à vis du RA (c'est-à-dire lorsque les deux jumeaux avaient fait un RA ou bien lorsque les deux n'en avaient jamais fait) est identique. Par contre pour les paires discordantes vis-à-vis du RA, le jumeau qui avait entrepris un RA avait un IMC plus élevé de 0,4 kg/m² à 25 ans que celui de son jumeau n’ayant jamais fait de régime, malgré un IMC identique à l'âge de 16 ans (p<0,05). Selon les auteurs, entreprendre un ou plusieurs RA successifs conduit, comme anticipé, au résultat paradoxal d'une prise de poids à long terme. Les résultats observés chez les jumeaux monozygotes suggèrent que cette reprise de poids plus importante après un RA se ferait indépendamment des facteurs génétiques, le mécanisme restant à déterminer. En pratique, il est prématuré de conseiller aux personnes obèses de ne pas (ou plus) tenter de perdre du poids. En effet, maigrir quitte à regrossir par la suite est-ce réellement plus délétère pour la santé que de ne jamais perdre un gramme ? Le débat reste ouvert. Dr Rodi Courie 18/04/2012 Pietiläinen KH et coll. : Does dieting make you fat ? A twin study. Int J Obesity, 2012 ; 36 : 456–464

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Published by Chronimed - dans Nutrition
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