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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 06:49
Quels changements significatifs viennent affecter l'épaisseur du cortex dans la schizophrénie, et quelles sont les parts respectives de la maladie, du vieillissement normal ou pathologique, voire du traitement ? Fruit d'une collaboration entre une équipe d'Utrecht (Pays-Bas) et de Montréal (Canada), une étude longitudinale (sur 5 ans) a comparé des données d'imagerie par résonance magnétique chez 96 patients schizophrènes (70 hommes et 26 femmes) et 113 sujets-contrôles de 16 à 56 ans. Au terme de cette recherche, plusieurs constats apparaissent : au départ, les schizophrènes ont souvent, par comparaison aux sujets-témoins, un amincissement du cortex plus marqué sur les régions « orbito-frontale gauche, para-hippocampale droite et temporale supérieure » contrastant avec un « épaississement du lobule pariétal supérieur et du pôle occipital.» En revanche, l'épaisseur moyenne du cortex (mean cortical thickness) ne diffère pas entre les deux groupes. Au fil du temps, un amincissement marqué intéresse de vastes zones (widespread areas) du manteau cortical, « plus prononcé pour le cortex temporal (bilatéral) et la région frontale gauche», et une évolution défavorable de la maladie se révèle « associée à une plus grande amplitude de cet amincissement cortical.» Une autre observation intéressante concerne la part possible du traitement dans le déterminisme de cet amincissement : dans la mesure où, comparativement à la prise de neuroleptiques typiques (molécules plus anciennes), le recours aux neuroleptiques atypiques (antipsychotiques de deuxième génération) est « associé à un amincissement cortical moins prononcé», ce constat contribue ainsi à renforcer l'intérêt pour ces « nouvelles » molécules, puisqu'il suggère leur moindre interférence iatrogène avec les mécanismes physiopathologiques à l'oeuvre dans la schizophrénie. L'existence de cet amincissement cortical confirme surtout l'implication de processus organiques dans le mécanisme de la schizophrénie, « plus marqués dans les régions frontales et temporales», et évoluant progressivement de façon péjorative au fil de la maladie. Neeltje E et coll. : Changes in cortical thickness during the course of illness in schizophrenia. Arch Gen Psychiatr,y 2011 : 871-880. 04/04/12 (JIM) Dr Alain Cohen

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Published by Chronimed - dans Concept
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