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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 23:11
Les exposés d’infectiologie finissent souvent par quelques mots de prévention et de prophylaxie : maintenant qu’on connaît l’infection et qu’on sait comment elle se transmet, on va pouvoir s’en protéger. Est-ce vraiment possible avec les légionelloses ? Les études que nous avions rapportées ici il y a peu («Légionellose : a-t-on pris la mesure du danger ? ») instillaient le doute : comment faire, dans la vraie vie, s’il faut se méfier des fontaines installées dans les halls d’hôpitaux, ne pas prendre de douches dans les hôtels et même craindre les eaux froides distales de tous les centres d’hébergement ? Et voilà que deux nouvelles publications, en l’occurrence un case-report et une investigation dans des centres de (re)mise en forme, viennent encore nous compliquer un peu plus la prophylaxie… - Originale mais inquiétante, cette contamination rapportée en février dernier dans le Lancet d’une Romaine âgée de 82 ans par son dentiste. Hospitalisée pour fièvre et détresse respiratoire, on portait le diagnostic de légionellose et elle devait décéder 2 jours plus tard de choc septique. L’enquête menée chez le dentiste, consulté juste avant, révélait que les jets d’eau haute pression du cabinet étaient largement contaminés, par les mêmes bactéries que celles isolées chez la vieille dame. Une histoire rare, mais qui semble prouver qu’une légionellose peut compliquer de simples soins dentaires… - Plus attendue mais pas rassurante pour autant, cette étude menée sur huit ans aux Pays-Bas et ciblant les centres de mise en forme (Wellness centres). Après avoir identifié les établissements à risque potentiel à partir de l’analyse de plus de 2000 cas notifiés à leur Centre de contrôle des maladies infectieuses entre le 1er août 2002 et le 1er août 2010, les auteurs ont enquêté dans les lieux suspects pour finalement en dénombrer 15, sources d’infections de 35 patients. Douze de ces centres s’avéraient positifs pour Legionella spp : 6 pour L pneumophila, 6 pour des non-pneumophila Legionella spp. Sur les 65 prélèvements environnementaux positifs détectés par les enquêtes bactériologiques, 41 provenaient des têtes de douche ; dans deux centres, les souches étudiées étaient génotypiquement rigoureusement identique à celles des malades. Les légionelles, on le sait bien même si le fait est encore confirmé ici, sont intimement liées aux réseaux d’eau –sans doute aussi bien chaude que froide- de nos cités. L’eau nébulisée apparaît évidemment la plus dangereuse, mais elle est aussi bien difficile à éviter. Vivre sans douche, sans spa, sans piscine et sans dentiste, est-ce encore vivre ? Dr Jack Breuil Euser SM et coll. : Wellness centres : an important but overlooked source of Legionnaires’s disease ; Eight years of source investigation in the Netherlands, 1 August 2002 to 1 August 2010. Euro Surveill. 2012;17: pii= 20097.

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Published by Chronimed - dans Infections froides
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