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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 07:18
Le texte qui a été publié à l’automne dernier, dans les Archives of Toxicology, est véritablement apologique. Si l’on en croit CT Chapasis et al., de l’Université de Patras, le zinc (et en l’occurrence sa carence) serait la clé de l’apparition et du développement d’innombrables affections. L’oligo élément jouerait un rôle critique dans des processus aussi divers que l’homéostasie, les défenses immunitaires, le stress oxydatif, l’apoptose ou le vieillissement cellulaire ; un manque compliquerait ou accélérerait l’évolution de plusieurs pathologies chroniques, dont athérosclérose, néoplasies diverses, affections auto immunes, affections dégénératives liées à l’âge, maladie de Wilson etc. Et les Grecs de rappeler enfin qu’il a déjà été rapporté que la prescription de zinc améliorerait plusieurs des conditions pathologiques énumérées ci-dessus… Laissons aux auteurs la responsabilité de leurs assertions et penchons nous sur une nouvelle publication encore plus récente. Il s’agissait, cette fois, d’évaluer l’intérêt du zinc dans la prise en charge de la pneumonie sévère de l’enfant. Pour ce faire, les auteurs ont réalisé une étude en double aveugle, individualisant deux bras à partir de 352 enfants de 6 à 59 mois souffrant d’une pneumonie sévère, le premier recevant 12 mg/ J (âge de moins d’un an) ou 20 mg/J (âge > 12 mois) de zinc en complément d’une antibiothérapie adaptée et les seconds le placebo. Il est apparu, dans ces conditions, que si la normalisation des signes respiratoires, de la fièvre et de la saturation en oxygène restaient comparables dans les deux groupes, tel n’était pas le cas de la mortalité, qui passait de 7/176 (4,0 %) dans le groupe zinc à 21/176 (11,9 %) dans le second [Risque relatif 0,33, intervalle de confiance à 95 % : 0,15-0,76]. Des résultats encore plus remarquables si on individualisait les enfants VIH+, la mortalité chutant de 7/27 dans le groupe placebo à 0/28 dans le groupe complémenté. Au total, le zinc ne raccourcissait pas l’évolution de l’infection, mais il en améliorait très clairement le pronostic… Le zinc, (nouvel) élément majeur de la prise en charge de nombreux patients en médecine interne ou en infectiologie ? Sans doute, mais peut-être aussi dans des conditions particulières de carence puisque la seconde étude a été réalisée à l’hôpital Mulago, Université de Makerere, Ouganda, un pays ou les carences sont loin d’être exceptionnelles. Ce qui semble certain aujourd’hui, c’est qu’à l’instar d’autres composés comme la vitamine D, le zinc joue un rôle essentiel dans les processus de défense immunitaire et qu’une insuffisance pourrait être véritablement dévastatrice. Un concept à garder en mémoire quand les patients paraissent (trop) démunis. Dr Jack Breuil Srinivasan MG et coll. Zinc adjunct therapy reduces case fatality in severe childhood pneumonia: a randomized double blind placebo-controlled trial. BMC Medicine, 2012 ; 10 :14 17/03/2012

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Published by Chronimed - dans Infections froides
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