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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 10:54
Dès les années 1960 et 1970, des recherches ont été consacrées aux liens entre l'efficacité des neuroleptiques et la dopamine (notamment son action pré-synaptique sur les neurones dopaminergiques et l'implication des récepteurs pour ce neuromédiateur). On estime actuellement que si des facteurs génétiques jouent « un rôle étiologique majeur» dans le déterminisme de la schizophrénie (avec d'autres déclencheurs liés à l'environnement ou/et au développement du sujet), une « hyperactivité dopaminergique pré-synaptique dans le striatum» reste un élément essentiel du contexte biochimique des psychoses. La sévérité et la chronicité de la schizophrénie incitent à identifier les sujets à risque, dans l'espoir que les traitements d'ordre psychosocial et médicamenteux infléchissent l'évolution des troubles. Des critères pour repérer les sujets à risque et des programmes d'intervention précoce ont donc été développés, et un débat s'est instauré sur l'opportunité d'inclure un éventuel « syndrome de vulnérabilité psychotique» (psychosis risk syndrome, attenuated psychotic symptoms) dans le futur DSM-5. Ce débat porte notamment, explique l'éditorialiste de The American Journal of Psychiatry, sur la nécessité de prescrire ou non des neuroleptiques, malgré le risque d'effets latéraux (en particulier d'ordre métabolique), chez des sujets qui n'auraient pas développé la maladie dans toute son ampleur. Doit-on alors s'autoriser à violer le principe d'airain de la médecine, primum non nocere (d'abord, ne pas nuire), en induisant des effets indésirables chez les intéressés, malgré l'absence de certitude formelle sur le caractère d'une évolution psychotique ? Il serait donc utile de disposer d'un marqueur permettant de décider quels sujets traiter, à savoir les plus susceptibles d'éprouver cliniquement des symptômes psychotiques. Examinant l'évolution de 30 sujets « à très haut risque de schizophrénie » et documentée par l'imagerie TEP (tomographie par émission de positrons) avec recours à une dopamine marquée [18F]Dopa, une récent étude prospective montre justement que « l'activité dopaminergique élevée dans l'aire associative du striatum» pourrait constituer un tel marqueur pouvant orienter la décision thérapeutique, car elle prouve qu'une suractivité dopaminergique constitue « un facteur crucial conduisant à une pleine manifestation de la psychose.» Mais une question demeure encore énigmatique : pourquoi des sujets « schizotypiques » (à haut risque de psychose) ne deviennent pas toujours psychotiques, même en présence de niveaux d'activité dopaminergique aussi élevés que ceux évoluant cliniquement vers la psychose ? Henn FA : Dopamine : a marker of psychosis and final common driver of schizophrenia psychosis. Am J Psychiatry, 2011; 168: 1239-1240. JIM Dr Alain Cohen

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Published by Chronimed - dans Concept
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