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8 septembre 2017 5 08 /09 /septembre /2017 15:31

Affaire du Levothyrox : la ministre Agnès Buzyn a parlé. Il ne reste plus qu’à «dédramatiser»

C’est une règle non écrite : quand la pression médiatique devient trop forte le ministre se doit de parler.

« Des lettres ouvertes, des pétitions, un point presse en catastrophe de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, mercredi 6 septembre… résume aujourd’hui Libération.

L’affaire autour de la nouvelle formule du Levothyrox, ce médicament agissant sur la thyroïde, s’emballe comme jamais.

Un nouveau symptôme de l’incroyable incapacité française à gérer correctement la vie d’un médicament. »

Agnès Buzyn a parlé. Pour dire quoi ?

« Ce n’est pas un scandale sanitaire, mais c’est une crise d’information. 

Nous devons sortir du registre du drame et dédramatiser l’information autour du médicament.

J’ai décidé de mettre en place une mission d’information sur cette question.» (Libération)

« Les patients rencontrent des effets secondaires réels, il ne faut pas les minimiser.

Mais ils sont passagers pour la plupart d’entre eux. [La nouvelle formule du Lévothyrox] est commercialisée depuis une dizaine d’années aux Etats-Unis, sans alerte sanitaire à déplorer.

Le seul danger pour la santé des patients est d’arrêter leur traitement. Ils trouveront le bon dosage avec l’aide de leur médecin

Nous réfléchissons aux moyens d’une ouverture du marché français à d’autres formules alternatives de la lévothyroxine.

Le fait qu’une seule formule du Lévothyrox soit disponible pour les patients pose un problème. » (Le Quotidien du Médecin)

« C’est une crise liée à un défaut d’information et à un défaut d’accompagnement, qu’il faut entendre [mais il n’y a] pas de faute, pas de fraude. [Il y a] un sentiment permanent de complotisme dès lors que l’on parle du médicament [alimenté par des réseaux sociaux]. » (Le Monde).

Une ministre dépassée

En pratique ?

Un groupe de travail va être mis en place « pour mieux informer les patients et les professionnels de santé sur les médicaments ».

Mieux communiquer, à l’avenir, pour pallier un manque d’information passé, en somme.

Où l’on voit que la prise de parole ministérielle n’apporte aucune solution pratique au phénomène de crise aujourd’hui en plein développement.

« Nous ne reviendrons pas à l’ancienne formule, elle va disparaître peu à peu » a encore Mme Buzyn, ruinant ainsi les espoirs des 200 000 personnes qui ont signé une pétition sur ce thème. Une croix sur l’ancienne formule mais, bientôt, des formules alternatives ?

Pourquoi ? Nous ne le saurons pas.

Au final une ministre qui semble, ici, comme dépassée par une « crise d’information » dont elle a (pour partie) hérité ; dépassée aussi par le bouillonnement des réseaux sociaux et les failles récurrente du système national de pharmacovigilance – sans oublier une forme de légèreté de l’Agence nationale de sécurité des médicaments.

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Métabolisme
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