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29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 12:44

L’affaire des onze vaccins imposés : Agnès Buzyn persistera-t-elle dans sa «fausse bonne idée» ?

 

Des voix montent, le vent se lève qui annonce la tempête. On sait que la nouvelle ministre de la santé « réfléchit » à rendre obligatoires onze vaccinations pédiatriques. Si les anti-vaccinaux (pour l’essentiel) se taisent, les prises de position se multiplient pour, sans remettre en cause l’apport sanitaire de l’immunisation préventive, dénoncer une très mauvaise bonne idée ministérielle.

Il y eut ainsi les arguments développés par notre confrère Dominique Dupagne suivis, aujourd’hui,  de ceux de Luc Perino. Il faut désormais aussi compter avec la prise de position du conseil scientifique du Collège national des généralistes enseignants (CNGE) qui estime que « l’obligation vaccinale est une réponse simpliste et inadaptée ».

« Il n’y a aucun élément scientifique pour attester que cette mesure aboutisse à une meilleure protection notamment pour les enfants, estime le CNGE. Il est à craindre que son caractère autoritaire renforce la défiance et la suspicion d’une partie croissante de la population. Elle risque d’exposer les médecins généralistes et d’autres professionnels à des demandes nombreuses et non fondées d’exemption, voire de soi-disant contre-indications. »

Climat de méfiance

En revanche, le conseil scientifique du CNGE pense « qu’une large campagne d’incitation portée conjointement par les professionnels de santé et les pouvoirs publics, en impliquant les usagers aurait un impact plus important et plus durable ».  « Cela permettrait aux médecins de proposer aux patients une vaccination dans de meilleures conditions tenant compte des données scientifiques (bénéfice/risque, impact épidémiologique), des caractéristiques, du patient ainsi que de ses facteurs de risques, connaissances, croyances, appréhensions et préférences » souligne-t-il.

Tout comme la ministre, le CNGE regrette le paradoxe de la coexistence de vaccins obligatoires et facultatifs (une exception française). Pour le CNGE, il « entraîne une incompréhension de certains médecins et parents », consolidant « un climat de méfiance et (favorisant) l’hésitation vaccinale ».

On sait qu’Agnès Buzyn fonde pour l’essentiel sa réflexion sur la « concertation citoyenne » qui, fin 2016, a recommandé l’élargissement de l’obligation vaccinale. Pour les généralistes universitaires « l’obligation est contradictoire avec les notions d’approche ou de démarche centrée patient, par ailleurs promue par la Haute Autorité de santé, et avec les principes éthiques d’autonomie » – étant bien entendu que « les vaccins n’ont pas tous la même pertinence clinique, le même intérêt individuel et/ou collectif, ni le même profil de tolérance ».

L’impasse de la ministre

Ils préconisent donc de mettre en place « une campagne de communication négociée avec les médecins et les représentants des usagers »« de s’appuyer sur une approche spécifique énonçant les balances bénéfices/risque vaccin par vaccin », « de promouvoir une organisation cohérente de la politique vaccinale, en s’appuyant sur les professionnels de première ligne » et « de veiller à la disponibilité des différents types de vaccins ».

Où l’on comprend que ces généralistes n’entendent pas devenir des « officiers de santé », des préposés aux vaccinations de masse décidées par Paris. Où l’on comprend, aussi, que l’obligation vaccinale peut être perçue comme une approche mandarinale, à l’opposé de ce qu’entend incarner la nouvelle vague Macron. Où l’on saisit, enfin, qu’Agnès Buzyn est, déjà, dans une situation politique et sanitaire particulièrement inconfortable. Choisira-t-elle, in fine, une fausse bonne idée, une réponse simpliste et inadaptée ? Si oui que se passera-t-il ? Si non comment sortira-t-elle de l’impasse où elle s’est engagée ?

 

 

L’affaire des onze vaccins imposés : Agnès Buzyn persistera-t-elle dans sa «fausse bonne idée» ?

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Concept
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