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10 avril 2017 1 10 /04 /avril /2017 18:33

Les prescriptions d’antibiotiques sont en augmentation depuis l’introduction du test de diagnostic rapide du paludisme

http://www.jim.fr/e-docs/00/02/83/FA/carac_photo_1.jpe http://www.jim.fr/e-docs/00/02/83/FA/carac_photo_1.jpe

Réduire la résistance aux antimicrobiens est une préoccupation majeure des organisations sanitaires internationales. C’est le cas, non seulement des antibiotiques, mais aussi des antipaludéens dans les zones d’endémie. Dans les zones tropicales et subtropicales d’Afrique et d’Asie, les épisodes aigus fébriles sont l’une des causes les plus fréquentes de consultation et, classiquement, la plupart, sinon la totalité, de ces fièvres étaient traitées de manière empirique par des anti-paludéens. Mais ces fièvres peuvent avoir d’autres causes, notamment des infections virales ou bactériennes.

A l’initiative de l’OMS, de nombreux pays où le paludisme est endémique, ont donc adopté le test de diagnostic rapide du paludisme, pour mieux cibler les prescriptions d’antipaludéens. Certains ont toutefois rapidement émis des réserves, évoquant le risque que ces prescriptions ne se reportent sur les antibiotiques, particulièrement pour les patients dont le test de diagnostic rapide de paludisme est négatif.

Une équipe internationale a réalisé une analyse de 9 études observationnelles ou randomisées, incluant plus d’1/2 million d’enfants et d’adultes ayant consulté pour une fièvre entre 2007 et 2013, dans 6 pays (Afghanistan, Cameroun, Ghana, Nigeria, Tanzanie et Ouganda).

Toutes les études sauf une montrent que l’introduction du test de diagnostic rapide du paludisme tend à s’accompagner d’une augmentation des prescriptions d’antibiotiques. Cette augmentation est de 21 % en moyenne. Environ 7 patients sur 10 dont le test est négatif se voient prescrire un antibiotique, ce qui, selon les auteurs, représente une surprescription. Cela est vrai pour toutes les classes les plus couramment utilisées: pénicilline, triméthoprime-sulfaméthoxazole, tétracyclines, et même le métronidazole, molécule rarement appropriée pour des infections fébriles.

La solution se trouve sans doute dans une meilleure compréhension des raisons de ces prescriptions et dans l’incitation à modifier les pratiques. Il y a urgence car, avec le recul du paludisme, de plus en plus de tests reviendront négatifs, ce qui risque d’augmenter encore les prescriptions d’antibiotiques.

Dr Roseline Péluchon

RÉFÉRENCE

Hopkins H et coll.: Impact of introduction of rapid diagnostic tests for malaria on antibiotic prescribing: analysis of observational and randomised studies in public and private healthcare settings. BMJ 2017 ; 356: j1054. http://www.bmj.com/content/bmj/356/bmj.j1054.full.pdf

 

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Infections froides
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