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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 11:00

Le ministère de la Santé se doit de faire la vérité scientifique sur le tabac « chauffé »

 

L’arrivée (imminente) sur le marché français d’une nouvelle méthode de consommation du tabac (dit « chauffé ») n’est pas seulement un événement commercial.

C’est aussi et surtout une occasion inespérée pour faire la lumière dans un domaine où elle manque cruellement.

Une occasion inespérée, aussi, pour les autorités sanitaires françaises de réaliser ce qu’elles n’ont pas fait pour la cigarette électronique.

Qu’en est-il, précisément, de la réduction des risques avec cette méthode dite « à nocivité réduite » ?

Pour l’heure la puissance publique laisse le géant Philip Morris International (PMI) vanter les vertus de son procédé déjà commercialisé dans une vingtaine de pays à travers le monde.

« En brûlant des matières organiques à 800 ou 900 °C, on crée de la fumée avec plus de 6000 composants, dont certains peuvent avoir des effets nocifs sur la santé des fumeurs, rappelle Ruth Dempsey, directrice des affaires scientifiques de PMI.

En chauffant le tabac à moins de 300 °C, nous limitons significativement, voire évitons l’apparition de ces composants ».

« Nos études tendent à prouver que passer intégralement à IQOS présenterait un risque plus réduit pour la santé que de continuer à fumer des cigarettes traditionnelles » assure Tommaso Di Giovanni, directeur de la communication pour les produits sans fumée de PMI.

Contre-pouvoir

Et le géant du tabac de faire savoir qu’il a d’ores et déjà déposé une demande auprès de la puissante FDA américaine pour faire enregistrer son dispositif dans la catégorie « produits du tabac à risque modifié ».

Ce n’est là qu’un début.

Les concurrents de PMI commencent, eux aussi, à commercialiser des dispositifs concurrents avec des allégations néo-sanitaires similaires.

C’est là, à l’évidence, une attaque frontale contre le marché de la cigarette électronique ; une e-cigarette qui réalise, elle, une rupture radicale avec le monde du tabac.

Le « tabac chauffé » s’inscrit ainsi dans une nouvelle dynamique commerciale et publicitaire qui se nourrit du concept de la réduction des risques.

Et ce face à un pathogène légal responsable de plus de 80 000 morts prématurées chaque année en France.

A ce stade une question, politique, s’impose.

La « puissance publique » (le ministère de la Santé, les autorités sanitaires) laissera-t-elle jouer la loi du marché et de la publicité ?

Se saisira-t-elle au contraire de ce moment historique pour éclairer les soignants et les fumeurs quant à la vérité sur le « tabac fumé » ?

Pour ne pas laisser dans le désert les spécialistes des addictions et de la réduction des risques. Pour établir, scientifiquement, la vérité sur les avantages et les inconvénients de cette nouvelle méthode de consommation.

Pour être un contre-pouvoir efficace face aux géants-fabricants. Pour, assez simplement, jouer le rôle qui doit être le sien.

 

 

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Concept
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