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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 15:29

En octobre 2016, après des années d’atermoiements puis de controverses, la Haute autorité de santé (HAS) tranchait : elle estimait que le service médical rendu des quatre médicaments indiqués dans le traitement symptomatique de la maladie d’Alzheimer était « insuffisant ».

 

Conclusion : inefficaces (et potentiellement dangereux) rien ne justifiait que leur prise en charge soit assurée via la solidarité nationale.

 

On attendait que Marisol Touraine se range à l’avis de la HAS.

 

Ce ne fut étrangement pas le cas.

La ministre de la Santé estimait alors urgent de ne pas dérembourser ces médicaments « tant qu’il n’existerait pas de parcours de soins garantissant une prise en charge adaptée aux malades d’Alzheimer ».

Contre l’avis de la majorité de spécialistes elle estimait que le déremboursement pouvait « entraîner une perte de chance pour les patients ».

Situations d’errance

La ministre saisissait dans le même temps un spécialiste (le Pr Michel Clanet) en lui demandant de proposer un « protocole opérationnel qui permette d’améliorer le repérage, le diagnostic et la prise en charge des malades d’Alzheimer en évitant les situations d’errance ».

Ce rapport vient d’être rendu

Ses recommandations « prennent en compte la place des médicaments, les alternatives médicamenteuses, l’accompagnement médico-social et la place des aidants ». (1)

Et Marisol Touraine de prendre quelques décisions :  à partir du 1er novembre 2017, les consultations de médecine générale visant à informer les patients et à définir un traitement face à une maladie neurodégénérative « seront revalorisées à 60 euros ».

A cette même date, les médecins généralistes pourront réaliser jusqu’à trois « visites longues » annuelles au domicile des personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer – et ce « à un tarif de 70 euros ».  

Et vingt unités cognitivo-comportementales supplémentaires seront ouvertes sur le territoire national (dont la moitié en 2017).

Le déremboursement ?

Pour Marisol Touraine, « ce n’est qu’au terme de la mise en œuvre de ces mesures que la question du maintien ou non du remboursement des médicaments aujourd’hui prescrits dans le traitement symptomatique de la maladie pourra se poser ».

Aucune explication n’est donnée, il faudra s’en contenter.

A demain

1 Il s’agit de l’Aricept ® (donepezil) de la firme Eisai (commercialisé en France depuis septembre 1997) l’Exelon ® (rivastigmine) de Novartis ® (mai 1998), le Reminyl ® (galantamine) de Jansen-Cilag (octobre 2000) et l’Exiba ® (mémantine) de Lundbek (mai 2002).

2  Rapport remis à Mme Marisol Touraine, ministre des Affaires Sociales et de la Santé par le Pr Michel Clanet, président du Comité de suivi plan maladies neuro-dégénératives.

 

 

JY Nau.

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Concept
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