Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 09:23

Maladie de Lyme: la controverse s’enflamme.

 

 

L’expertise d’un infectiologue renommé bouscule le consensus.

Les tests sanguins sont mis en cause.

Une association de patients est fondée aujourd’hui à Bruxelles, pour faire entendre la voix des malades.

 

Mais aujourd’hui, est publié un livre par un spécialiste, infectiologue dans un des hôpitaux les plus renommés en France, l’Hôpital Raymond-Poincaré de Garches.

 

Le professeur Christian Perronne a publié plus de trois cents articles soumis à l’examen préalable de ses confrères dans des revues de haut niveau.

 

Dans « La vérité sur la maladie de Lyme » (éditions Odile Jacob), le spécialiste explique quelles sont ses hypothèses, mais aussi comment il soigne efficacement près de 80 % des centaines de patients qui se pressent maintenant chez lui, attirés par sa renommée.

 

Et par sa qualité d’écoute.

 

Il souligne aussi l’omertà dont il estime faire l’objet.

 

On lui reproche ainsi de ne pas publier le détail de ses recherches afin de les soumettre à la libre critique scientifique, c’est-à-dire le mode de cheminement habituel de la recherche.

 

Lui rétorque qu’on lui refuse systématiquement la parution des articles qu’il soumet s’ils ne cadrent pas avec la « vision officielle » de la maladie.

 

Il met en cause la qualité des tests censés vérifier la présence de micro-organismes caractéristiques de la maladie, transmise par la morsure d’une tique, un animal fréquent dans les herbes de nos forêts et de nos prairies.

 

Calibrés selon les « normes officielles », ces tests ne décèleraient qu’un patient sur dix.

 

Le professeur Perronne est à Bruxelles ce lundi matin.

 

our soutenir la création d’une association de patients, Time for Lyme, qui vise à rassembler les personnes atteintes de la maladie de Lyme et leurs familles, les médecins, les auxiliaires médicaux et les chercheurs… convaincus par la thèse d’un déni officiel de l’ampleur de la maladie.

 

Et de l’existence d’une forme chronique de la maladie, qui resurgirait des mois voire des années après un premier traitement.

 

Une vision de la maladie qui n’est pas largement partagée.

 

Pour compliquer le tout, le réchauffement climatique concourt effectivement à la multiplication des maladies liées aux insectes et aux parasites.

 

Il pourrait expliquer que le nombre de malades ou supposés tels augmente fortement.

 

Mais ce n’est qu’une hypothèse.

 

Et le traitement du Lyme se fait via des prises d’antibiotiques pour plusieurs semaines… voire parfois plusieurs années si l’on en croit les « croyants » de la maladie chronique.

 

Une hérésie pour la médecine officielle, qui voudrait précisément réduire l’emploi inapproprié des antibiotiques, moteur de résistance des bactéries aux médicaments disponibles.

 

Quels sont les arguments de chacun ?

 

Le professeur Christian Perronne est chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital universitaire de Garches.

 

Il affirme avoir découvert la clef de nombreuses maladies mystérieuses : une piqûre de tique.

 

 

field printed from field.tpl.php

B9711456974Z.1_20170320090613_000+GVU8NPFHU.2-0.png.jpg

Christian Perronne, infectiologue.

 

 

Vous dénoncez un « scandale sanitaire » ?

 

N’est-ce pas utiliser un mot trop fort ?

 

Non, il n’est pas trop fort.

 

Car je vois de très nombreux malades en grande souffrance laissés en errance diagnostique pendant des années et qui se retrouvent, le plus souvent, catalogués comme simulateurs, hypocondriaques ou fous.

 

Des millions de patients dans le monde, atteints de pathologies dues à une infection chronique cachée, finissent par être pris en charge dans des services psychiatriques, quand ils n’en sont pas réduits à endurer les conséquences de protocoles thérapeutiques aussi lourds que vains ou d’interventions chirurgicales inappropriées !

 

Pour moi, c’est davantage que du déni, c’est de l’aveuglement collectif, de la part des experts comme des responsables politiques.

 

Vous croyez au grand complot de la maladie de Lyme ?

 

Précisément non.

 

Il serait évidemment absurde d’imaginer une mauvaise volonté concertée des décideurs de tous les pays.

 

C’est donc dans l’organisation des instances de pilotage, d’évaluation et de contrôle en matière de recherche médicale ou d’essais thérapeutiques qu’il faut chercher la cause du problème.

 

Or, ces structures apportent par ailleurs des garanties indéniables d’objectivité, de rigueur et de prudence.

 

Mais dans le cas de cette maladie, ces mécanismes se sont transformés en dogmes, au point d’en faire un instrument d’aveuglement touchant les pathologies et les processus infectieux dont la compréhension et le traitement appellent d’autres approches !

 

La maladie de Lyme, c’est l’arbre d’une forêt qui s’appelle les « crypto-infections ».

 

Reste que les tests officiels, validés dans le monde, vous donnent tort…

 

Ces tests échouent trop souvent à identifier la bactérie responsable.

 

Faute de recherches, nous ne disposons pas aujourd’hui, face à beaucoup de maladies chroniques inflammatoires ou dégénératives, de tests diagnostiques plus performants que ceux de l’ère pastorienne pour identifier les éventuels microbes cachés en cause.

 

S’agissant de la maladie de Lyme, les publications scientifiques ne manquent pas qui dénoncent la mauvaise sensibilité des tests sérologiques, Elisa et Western blot, les seuls, pourtant, auxquels les médecins sont autorisés à recourir.

 

Aussi incroyable que cela puisse paraître, la sérologie des tests Elisa a d’ailleurs été calibrée délibérément pour que la maladie de Lyme reste officiellement une maladie rare : elle a été établie sur des personnes en bonne santé (des donneurs de sang), avec un verrouillage fixé a priori, imposant que le test ne dépiste pas plus de 5 % de malades dans la population générale.

 

Les exemples ne manquent pas de patients déclarés négatifs au test dans la région de Strasbourg (où l’incidence de la maladie de Lyme est élevée) qui se retrouvent positifs à Paris (moins touché par l’épidémie) !

 

De surcroît, ces tests ont été conçus pour détecter spécifiquement la première bactérie identifiée comme cause de la maladie de Lyme, Borrelia burgdorferi.

 

Ils demeurent insensibles au grand nombre de variantes régionales que présentent les espèces de ce genre de bactéries dont on découvre régulièrement de nouveaux spécimens.

 

Le manque d’investissement et de préoccupation du sort des malades est tel que les vétérinaires disposent aujourd’hui de tests plus nombreux et plus performants que ceux auxquels la médecine peut recourir pour les humains.

 

Parce que les éleveurs, eux, ont un intérêt économique à soigner leur cheptel. Pas les autorités publiques pour guérir les humains !

 

 

Vous affirmez pouvoir guérir 80 % des patients en déshérence.

 

Mais vos opposants vous reprochent de l’affirmer sans publier vos résultats scientifiquement, sans recourir à des cohortes placebo et double-aveugle.

 

On en améliore 80 %, sans nécessairement les guérir.

 

Et il est faux de dire que rien n’est publié, il y a beaucoup de références disponibles, même si les niveaux de preuve restent faibles.

 

Quant aux études plus robustes que vous évoquez, personne ne veut les financer en France ou en Europe à cause de la controverse.

 

Qu’on les organise, et on verra qui avait raison. On tourne en rond : on ne croit pas à ce que nous constatons, donc on ne vérifie pas et on nous accuse de fabuler.

 

Moi, je ne demande que cela, de faire une étude clinique sur un grand nombre de personnes. Je suis cartésien, je ne suis pas un gourou.

 

 

 

 

FIELD PAR FRÉDÉRIC SOUMOIS

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Infections froides
commenter cet article

commentaires