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3 février 2017 5 03 /02 /février /2017 10:59

Maladie de Lyme LA RIPOSTE PÉNALE

Une femme souffrant de l’infection transmise par les tiques vient de déposer plainte au pénal pour tromperie aggravée, dénonçant un scandale sanitaire. Une première.

Pascale Égré

La rébellion des malades de Lyme, infection transmise par les tiques, se porte sur le terrain pénal. Isabelle A., une habitante du Cantal, a décidé de saisir la justice d’une plainte contre X pour tromperie aggravée. Sa requête, déposée mercredi par son avocat, M e Philippe Meilhac, auprès du pôle santé publique du parquet de Paris — et que nous révélons en exclusivité — met en cause de façon explicite la responsabilité des laboratoires et des autorités sanitaires.

Après moult consultations et deux sérologies négatives, Isabelle a su qu’elle était malade de Lyme en faisant passer son dossier pour celui d’une chienne dans un labo vétérinaire (lire ci-contre) . Entre-temps, elle a reçu des soins inappropriés. Et découvert le sort de malades voués à l’errance.

Au cœur de la tromperie dont cette mère s’estime victime, figure la faillibilité des tests de diagnostic aujourd’hui utilisés en France. Sa plainte s’interroge sur leur maintien, en dépit des critiques d’experts, d’un avis du Haut Conseil de la santé publique (HCSP) en 2014 et de défauts de conformité constatés par un contrôle réglementaire de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) en 2015. Elle dénonce la non-information sur ce problème et l’attitude de « négation des pouvoirs publics » face à ce qu’elle considère comme un scandale sanitaire. Elle questionne les rapports « entretenus entre les laboratoires distribuant ces tests et l’ANSM. » « Ma cliente, consciente de la gravité de sa démarche, espère l’ouverture d’une enquête », indique M e Meilhac.

Un plan national de lutte en cours d’élaboration

La plainte d’Isabelle A. s’ajoute à un autre front judiciaire. Initiée dans l’Est, région très touchée, par deux avocats d’Epinal (Vosges), une procédure en responsabilité civile regroupant 130 malades vise les laboratoires fabricants des tests prescrits en première intention (dits Elisa). Plus de 50 nouvelles assignations seront déposées en février, annoncent au « Parisien » - « Aujourd’hui en France » M es Catherine Faivre et Julien Fouray, qui dénoncent « le défaut d’information des patients et de sécurité du produit ».

Cette fronde intervient en pleine élaboration du plan national de lutte contre la maladie de Lyme voulu par la ministre de la Santé Marisol Touraine. Ce dernier prévoit la révision de l’actuel protocole de diagnostic et de soins — le nouveau, façonné en concertation avec les associations de malades (dont France Lyme, Lyme sans frontières) via un comité de pilotage, doit être présenté en juillet. La Direction générale de la santé (DGS) rappelle que « l’axe 4 (du plan) porte sur l’amélioration des tests diagnostic » et qu’une « vérification/contrôle qualité » est prévue. Et précise : « Le ministère ne peut se prononcer sur les actions judiciaires en cours. »

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Infections froides
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