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9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 19:39

"L'arrêt de la vaccination obligatoire est inéluctable".

 

Le refus de faire vacciner leur fille contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite a valu à des parents de l'Yonne de comparaître pour maltraitance devant le tribunal correctionnel d'Auxerre.

afp.com/Hector Retamal

Pour le Conseil constitutionnel, la vaccination obligatoire pour les enfants contre la diphtérie, la polio et le tétanos n'est pas contraire à la loi fondamentale. Mais il est temps de la remettre en cause, estiment plusieurs experts.

Certains vaccins resteront obligatoires, du moins pour l'instant. Le Conseil constitutionnel a tranché ce vendredi après avoir été saisi par l'avocat d'une famille qui refusait de faire vacciner leur fille de trois ans contre le DTP (le vaccin DTP, diphtérie-poliomyélite-tétanos).

La France est l'un des seuls pays européens, avec l'Italie et la Belgique, qui impose au moins un vaccin aux enfants.

Mais, "la fin de la vaccination obligatoire est inéluctable", juge Daniel Floret*, président du Comité technique des vaccinations (CTV). D'ailleurs, pour lui, la vaccination imposée contre le DTP a peu d'intérêt, notamment parce que "les pays qui laissent le choix aux parents ont un taux de couverture vaccinale à peu près similaire au nôtre".

"Cela fait plusieurs années que l'on se pose la question du maintien de l'obligation, souligne pour sa part François Vié Le Sage, pédiatre* expert d'Infovac. "Imposer certains vaccins et en recommander d'autres établit une hiérarchie qui n'a pas lieu d'être. Aujourd'hui, les vaccins contre la coqueluche, le pneumocoque ou la rougeole, sont seulement recommandés alors que ces maladies posent plus de problèmes de santé que la polio, la diphtérie et le tétanos!"

Du grain à moudre pour les anti-vaccins?

Alors que la méfiance de la population face aux vaccins est passée de 10% en 2005 à 40% en 2010, d'après l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé, laisser le choix aux parents n'est-il pas dangereux? "Au contraire, juge le Dr Floret. plus on met de contraintes, plus on excite les anti-vaccins! Il y a aussi beaucoup de gens qui sont simplement hésitants, mais dans la mesure où les médecins sont transparents et font de la pédagogie, on peut les convaincre." Le Dr Vié le Sage, insiste lui aussi sur la nécessité d'informer. "Il faut rappeler que les vaccins ont un intérêt individuel et collectif."

Et battre en brèche les idées reçues sur leur dangerosité. "Aucune étude épidémiologique n'a permis d'établir un lien de cause à effet entre la vaccination contre l'hépatite B et le papillomavirus (Gardasil, ndlr) et la sclérose en plaques. En revanche, il a été prouvé qu'avec le vaccin Pandemrix contre l'épidémie de grippe H1N1 en 2009, les cas de narcolepsie ont augmenté."

Ce pédiatre se réjouit que les Sages n'aient pas jugé l'obligation vaccinale anticonstitutionnelle. "Cette actualité à le mérite de rouvrir le débat mais ce dernier doit être scientifique et la décision doit revenir au ministère de la Santé."

 

 

* Les Dr Floret et Vié Le Sage sont également membres de la Société française de pédiatrie. Le Dr VIé Le Sage est aussi responsable du groupe vaccinologie à l'Afpa (Association française de pédiatrie ambulatoire)

 

 

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Concept
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