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22 décembre 2016 4 22 /12 /décembre /2016 11:35

Nous sommes le samedi 17 décembre 2016. Il y a très exactement un mois nous apprenions que quatre patients adultes atteints d’une forme de  lymphome avaient soudain « présenté des complications graves ».

 

Trois d’entre eux étaient morts. Tous étaient traités par chimiothérapie intensive avant auto-greffe (protocole BEAC) au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Nantes.

 

Les questions soulevées étaient multiples.

Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, avait saisi l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) dès le 17 novembre – et ce « dès qu’elle a eu connaissance de la succession de ces événements dramatiques » – communiqué du 17 novembre.

 

Le même jour, la Direction générale de la santé recommandait la plus grande vigilance et demandait la déclaration de tout évènement indésirable rapporté à l’utilisation du protocole BEAC.

Aucun incident signalé

Les premières constatations de l’IGAS ont été remises le 28 novembre. Mystère total. « Les investigations sont toujours en cours, indique aujourd’hui le service de presse de Marisol Touraine. Par ailleurs, l’enquête judiciaire se poursuit. »

Point essentiel : un mois plus tard, « aucun incident n’a été signalé par un autre établissement quant à l’utilisation du protocole ».

Pour autant la mécanique administrative continue à fonctionner. Conformément aux recommandations de l’IGAS, Marisol Touraine avait demandé le 29 novembre à l’Institut national du Cancer (Inca) et à l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) « de réévaluer les préconisations nationales pour la prise en charge des patients traités pour lymphome ».

L’Inca et l’ANSM ont remis hier, le 16 décembre, leurs préconisations.

Faire comme si

Les deux agences rappellent que ces événements « se sont tous déroulés dans un même lieu et sur une très courte durée ». Voici la suite :

« Sur leur recommandation, Marisol Touraine demande à la Direction Générale de la Santé de suspendre temporairement, et à titre de précaution, l’utilisation du protocole BEAC, notamment en raison de l’amélioration de la situation d’approvisionnement en melphalan IV sur le territoire national, et de l’existence d’autres alternatives thérapeutiques. Voir le site de l’ANSM.  

« Cette recommandation ne concerne pas l’utilisation, même à fortes doses, d’un ou de plusieurs médicaments composant le protocole BEAC, qui demeurent essentiels dans d’autres schémas thérapeutiques. »

En d’autres termes le mystère de ces trois morts demeure. Ce qui n’interdit pas de faire comme si tel n’était pas le cas. Au nom de la précaution contre un risque que l’on ne connaît pas.

 

blog:  les médecins blogueurs

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Concept
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