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3 septembre 2016 6 03 /09 /septembre /2016 12:57

Vannes.

La Lyme chronique, maladie encore méconnue

"Littéralement, je rampais dans mon appartement". Elisabeth Pottier se remémore les débuts de sa maladie il y a quatre ans. Le souvenir est violent.

Pour cette ancienne sportive, amatrice de voyages, le déclenchement de la maladie de Lyme met un coup d’arrêt à ses projets.

Cette « maladie » se déclenche suite à une morsure de tique, de taon, de moustique ou d’araignée notamment. Elle est apparue dans les années 1970 aux États-Unis et se développe depuis, majoritairement en Europe.

Pourtant, se faire diagnostiquer comme atteint de Lyme relève du parcours du combattant. "Les médecins ne se tournent pas forcément vers ce diagnostic, explique Elisabeth Pottier. Ils pensent plus aux fibromyalgies ou à la sclérose en plaques."Une guérison puis une rechuteCe qui a conduit Elisabeth a consulté une dizaine de médecins généralistes et de spécialistes, sans résultats. Entre-temps, la Vannetaise fait ses propres recherches et se tourne vers de la médecine alternative et entame "un régime strict. Comme je soupçonnais Lyme j’ai arrêté le sucre notamment. Je me suis tournée vers des compléments alimentaires. »

Une rhumatologue de Vannes lui diagnostiquera la maladie, en lui proposant un traitement adapté.

Son état de santé s’améliore, avant de faire une rechute en novembre dernier, suite à une infection. Pas de quoi l’affecter pour autant. "Je continue de sortir, je fais du vélo. Mon objectif pour 2016 c’est de continuer à me battre et trouver un emploi, explique-t-elle. Le fait d’avoir fait du sport m’a donné un esprit combatif et je ne vais pas laisser tomber."40 000 € de traitementLe cas de son amie est encore plus flagrant. Atteinte depuis quinze ans, elle a consulté plus d’une centaine de médecins avant d’être déclarée atteinte.

D’autant plus qu’il existe deux phases dans la maladie. La première, dite aiguë correspond au déclenchement de la maladie. La seconde, dite chronique, fait référence aux symptômes qui perdurent après les premiers traitements : palpitations, affectations de la mémoire et de la concentration, douleurs, eczémas entre autres.

Seule la Lyme aiguë est prise en charge par la Caisse primaire d’assurance maladie. "On nous rembourse 21 à 28 jours d’antibiotiques,détaille l’amie d’Elisabeth Pottier. Mais ensuite, les prises de sang et les autres tests sont à notre charge."

Et elle a compté, elle a dépensé plus de 40 000 € en quinze ans.

Pour le docteur Yves Cornette de Saint-Cyr, spécialiste en immunologie à Saint-Avé, "la maladie de Lyme bouleverse les protocoles établis car chaque cas, chaque patient est différent. Il faudrait également revoir les méthodes de détection de la maladie en pratiquant des tests dans les laboratoires vétérinaires par exemple."Le médecin évoque même une "crise de santé publique."

« De plus en plus de gens viennent me voir, me dire qu’ils connaissent quelqu’un qui est atteint de Lyme, détaille Elisabeth Pottier. Les gens se sentent de plus en plus concernés ». De quoi peut-être espérer une reconnaissance de la maladie.

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Infections froides
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