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20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 09:43

Avoir un gros cerveau serait un désavantage

Les animaux qui ont les plus gros cerveaux sont aussi ceux qui sont les plus menacés d'extinction. Un gros encéphale pourrait en effet être un inconvénient, notamment en terme de coût énergétique.

Un gros cerveau n'est pas synonyme d' intelligence , et pourrait même constituer un handicap pour son propriétaire, selon Eric Abelson, docteur en sciences biologiques à l'université de Stanford (Etats-Unis).

Son étude, publiée dans la revue Proceedings of the Royal Society B , met en évidence un lien entre taille du cerveau et prise de risque. Ainsi, avoir un gros cerveau pourrait être un handicap voire un risque pour la survie.

Un gros cerveau est coûteux en énergie

Pour arriver à cette conclusion, le chercheur a mesuré la taille du cerveau et le rapport entre cette taille et celle du corps (appelé coefficient d'encéphalisation) de 1 679 spécimens répartis en 160 espèces animales.

Il a alors remarqué que les animaux aux plus gros cerveaux et aux plus grands coefficients d'encéphalisation étaient aussi ceux qui étaient le plus menacés d'extinction à l'échelle de la planète.

Il en a ainsi déduit que ces deux mesures pouvaient être utilisées pour évaluer la vulnérabilité d'une espèce. "Les comportements sont souvent considérés comme très importants pour la survie pourtant ils ne sont généralement pas inclus aux programmes de conservation. Le degré avec lequel le coefficient d'encéphalisation, servant comme indicateur de traits comportementaux, est corrélé au statut de conservation en fait un outil potentiel pour la compréhension des risques d'extinctions futures" explique le docteur Abelson dans son étude.

Une des explications à ce désavantage conféré par un gros cerveau est son fort coût métabolique.

De plus, le chercheur rappelle qu'un coefficient d'encéphalisation élevé a déjà été associé à une plus faible fonction reproductive, des connexions neuronales moindres et une réduction de la taille des autres tissus coûteux en énergie.

Tous ces facteurs contribuent à désavantager globalement les animaux possédant un gros cerveau, comme par exemple les mammifères marins (cachalots, dauphins...) ou encore les poulpes.

Mais revenons à nos humains. La taille du cerveau, comme cela avait déjà été montré, n'est pas un bon indicateur du quotient intellectuel (QI).

L'intelligence pourrait néanmoins dépendre de la qualité des connexions neuronales entre les deux hémisphères .

Et les hommes, dont le cerveau est en moyenne légèrement plus gros que celui des femmes, ont peut-être du souci à se faire.

La taille du cerveau est en corrélation avec une mise en danger de l’espèce chez les mammifères.


Eric S. Abelson
Publication 17 Février 2016.DOI: 10,1098 / rspb.2015.2772

L'augmentation de l’encéphalisation relative (RE), la taille du cerveau après avoir contrôlé la taille du corps, présente un grand coût métabolique et est en corrélation avec une multitude de traits cognitifs, de la capacité à compter des objets à des taux plus élevés d'innovation.

En dépit de nombreuses études portant sur les conséquences et les compromis accompagnant l’augmentation de RE, la relation entre le risque d'extinction des mammifères et RE est inconnue.

J'examine si les mammifères avec des niveaux plus élevés de RE sont plus ou moins susceptibles d'être à risque de mise en danger plus que les espèces moins encephalisées.

Je trouve que les espèces existantes avec de grands niveaux d’encéphalisation sont plus à risque de mise en danger, avec cet effet plus prégnant chez les espèces de petites tailles de corporelles.

Ces résultats suggèrent que RE pourrait être un atout précieux pour l'estimation de l'extinction et de la vulnérabilité.

En outre, ces résultats suggèrent que le rapport coût-bénéfice -compromis de RE- est d’une validité différente dans les grandes espèces par rapport aux espèces de petite taille.

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Concept
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