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30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 20:14

Alerte aux tiques : méfiance en forêt, dans les parcs et les champs

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Christine Mateus

25 juillet 2016, 7h00 | MAJ : 25 juillet 2016, 8h18

LE FAIT DU JOUR. Provoquée par les tiques, cette infection redoutable est mal diagnostiquée et touche de plus en plus de personnes. Médecins et patients tirent le signal d'alarme.

Cela se produitgénéralement du printemps à l'automne, lors de promenades en forêt ou dans les champs. Au milieu des herbacées ou des feuillages, un péril sommeille, aussi grave que négligé. C'est la maladie de Lyme, transmise par la morsure d'une tique infectée. Si elle n'est pas soignée, elle peut devenir chronique et se diffuser à tout l'organisme. Elle entraîne alors des complications qui peuvent toucher plusieurs organes (articulations, cerveau, cœur...). Il est pourtant facile de les prévenir car la maladie de Lyme se traite sans difficulté lorsqu'elle est détectée tôt.

Agissez vite en cas de morsure. Avec les chaleurs de l'été, difficile de pique-niquer en manches longues, pantalon maintenu aux chevilles et chaussures fermées pour éviter la morsure. A défaut, les experts insistent sur l'inspection soigneuse du corps (sans oublier la tête et derrière les oreilles) au retour d'une balade champêtre car ni le bain ni la douche n'éliminent une tique fixée. Son retrait doit être réalisé à l'aide d'une pince ou d'un système de tire-tique (vendu en pharmacie), perpendiculairement à la peau, en tournant doucement dans le sens inverse des aiguilles d'une montre et en évitant d'arracher la tête. Surtout, n'écrasez pas la tique et ne tentez pas de l'endormir avec de l'éther. Cela ne fonctionne pas et peut même entraîner une régurgitation des bactéries et, donc, une augmentation du risque de transmission de la maladie. Enfin, la zone mordue ne doit être désinfectée qu'après avoir extrait la tique.

Des tests jugés inefficaces. En cas de suspicion, selon les recommandations sanitaires, un test sanguin dit Elisa peut-être réalisé. S'il est négatif, on n'ira pas plus loin. Or, les associations ne cessent d'alerter sur le manque de fiabilité de l'outil. Il existe un test de dépistage un peu plus performant mais il n'est prescrit qu'en seconde intention en France, uniquement si le premier test est positif (contrairement à l'Allemagne, par exemple). Dans une majorité des cas, la maladie peut être traitée par des antibiotiques. « A l'heure où l'on nous répète à longueur de temps que la France doit faire des économies, il est important de souligner ce que coûte un malade en recherche de diagnostic parce que son test Elisa est négatif ou parce que son médecin, par ignorance, ne pense pas à la borréliose (NDLR : l'autre nom de la maladie de Lyme). Hospitalisations à répétition, ponctions lombaires, radios, IRM, scintigraphies osseuses, nombreuses consultations chez des spécialistes, arrêts de travail... » dénonce l'association France Lyme.

De plus en plus de victimes. Le nombre de cas officiellement recensés a quasiment triplé en douze ans, passant de 10 000 à 27 000 nouveaux cas annuels de 2003 à 2015. Certes, les médecins sont davantage sensibilisés. Mais d'autres raisons sont mises en avant par les experts. Le réchauffement climatique est l'une d'elles car les tiques recherchent plus activement des proies quand il fait chaud et sec. La disparition de certains prédateurs (oiseaux, guêpes...) favorise par ailleurs le développement des tiques. La bactérie de la maladie de Lyme est portée par de nombreuses espèces sauvages, comme les sangliers, les cervidés ou les petits rongeurs. Or, l'augmentation des activités de loisirs en pleine nature accroît les risques de se faire mordre.

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Infections froides
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