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30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 20:11

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Alerte aux tiques : «Les animaux sont mieux diagnostiqués que nous !»

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Propos recueillis par Christine Mateus

25 juillet 2016, 7h00 | MAJ : 25 juillet 2016, 18h18

LE FAIT DU JOUR. Provoquée par les tiques, cette infection redoutable est mal diagnostiquée et touche de plus en plus de personnes. Médecins et patients tirent le signal d'alarme. Thierry Medynski, généraliste lui-même atteint par la maladie, dénonce des tests obsolètes.

Membre de la Fédération française des maladies vectorielles à tiques, Thierry Medynski, médecin des Hautes-Pyrénées, est lui-même atteint par la maladie de lyme.

Pourquoi faut-il s'inquiéter ?

THIERRY MEDYNSKI. C'est une maladie en pleine expansion, car les tiques prolifèrent dans la nature. D'ailleurs, on les retrouve de plus en plus haut, en montagne. Tout cela est lié à des facteurs environnementaux, climatiques, à l'augmentation de la faune sauvage et à la diminution des prédateurs des tiques... Les praticiens voient de plus en plus de cas dans leurs cabinets. Dans les régions les plus exposées, tout le monde connaît autour de lui des gens atteints de la maladie de Lyme. C'était assez inhabituel il y a encore quelques années.

Vous-même êtes atteint par la maladie de Lyme. Comment s'est-elle déclarée ?

J'étais très fatigué. J'avais des troubles cognitifs jusqu'à ne plus arriver à conduire en raison de problèmes de concentration. J'ai erré pendant trois ans et demi, car mes analyses sanguines étaient négatives. Un confrère a évoqué l'hypothèse de la maladie de Lyme. Un traitement global, dont des antibiotiques, a été concluant. Aujourd'hui, je me considère comme un ex-malade. Mais même si je n'ai plus de symptômes, je n'ai pas les moyens de savoir si la bactérie est éradiquée ou si je l'ai encore en moi, au repos dans l'organisme.

Comment la dépiste-t-on ?

On en est toujours dans un premier temps au test sanguin Elisa. Si ce test est positif, un autre doit le confirmer : le Western Bolt. Mais il faut savoir que pour l'un comme pour l'autre de ces examens, il y a différentes marques sur le marché qui ne sont pas toutes équivalentes. Ce qui fait que la sensibilité des tests est très très variable, allant de 30 à 70 %. Il y a donc un vrai problème de fiabilité. Il faudrait absolument mettre au point de nouveaux outils et ce pour différents types de Borrelia(NDLR : le nom de la bactérie r esponsable de la maladie), comme pour toutes les autres infections qu'elles entraînent. Les animaux sont mieux diagnostiqués que nous ! Pour eux, on n'hésite pas à faire une recherche du matériel génétique de la bactérie. Nous, nous avons des tests obsolètes.

Quelle est la priorité en attendant ces nouveaux tests ?

Dès qu'un patient présente une lésion cutanée, appelée érythème migrant, provoquée par la piqûre d'une tique, il faut le mettre immédiatement sous antibiotiques. Pas besoin d'un bilan sanguin avant. C'est une des caractéristiques de la phase primaire de la maladie. Mais quelque fois, le traitement est prescrit à doses insuffisantes sur une courte durée. Conséquence ? Des patients à un stade primaire, potentiellement guérissables, vont passer au stade secondaire de la maladie, plus grave.

Et pour ceux qui sont déjà au stade secondaire?

Le problème est que les médecins doivent appliquer des recommandations issues d'une convention de 2006 pour les soigner. Or, ce document ne reconnaît pas la maladie de Lyme au stade chronique et limite le traitement par antibiotiques dans la durée. Du coup, des patients s'améliorent provisoirement et s'il reste des symptômes, on leur explique que ce sont des séquelles de la maladie alors qu'ils sont liés toujours à la présence de la bactérie. En médecine, tout évolue et traiter en 2016 des patients avec des recommandations de 2006, c'est aberrant.

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Infections froides
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