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30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 20:09

Maladie de lyme : «Les médecins disaient à mon fils que c'était dans sa tête»

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E.C. et F.M.

25 juillet 2016, 7h00 | MAJ : 25 juillet 2016, 8h15

Ardres (Pas-de-Calais), hier. Florence (ici avec ses fils Paul-Loup et Germain, atteints de la maladie de Lyme) enrage de la prise en charge insuffisante de cette pathologie.

LE FAIT DU JOUR. Provoquée par les tiques, cette infection redoutable est mal diagnostiquée et touche de plus en plus de personnes. Médecins et patients tirent le signal d'alarme. Le témoigne de Florence, dont deux des fils sont atteints par la maladie.

Au retour d'un pique-nique en forêt le 14 juillet 2014 près de son village du Pas-de-Calais, Florence remarque deux tiques sur le corps de son fils Paul-Loup, 14 ans aujourd'hui, et une autre sur celui de Germain, 11 ans. Elle les retire puis n'y pense plus. L'hiver suivant, l'adolescent souffre d'une sévère dépression. Victime de phénomènes hallucinatoires, il fait plusieurs tentatives de suicide. Mais les médecins ne s'expliquent pas l'origine de son mal-être. « L'hiver dernier, c'est son petit frère Germain qui est tombé malade, explique Florence. Lui qui était toujours en bonne santé a eu des ganglions, des syndromes grippaux, une mononucléose et une pneumopathie à mycoplasme, typique d'une co-infection provoquée par la borréliose. »

C'est en surfant sur Internet que la maman soupçonne une infection provoquée par les tiques. « L'hôpital mettait ça sur le compte de la déprime et d'une fibromyalgie. Mais ça ne collait pas du tout car Germain est un enfant très vivant et tous les symptômes faisaient penser à la maladie de Lyme. » Florence décide alors d'avoir recours à un test de dépistage allemand, réputé plus fiable que le français. Le bilan sanguin confirme la borréliose.

Des soins aux Etats-Unis ?

« Pendant ce temps, Paul-Loup, qui était a priori dépressif, a souffert de vertiges et de fortes migraines et avait des voiles noirs devant les yeux qui le rendaient aveugles momentanément. »

Or la maladie de Lyme peut attaquer le nerf optique. Comme son petit frère, le test sanguin se révèle positif. « Et dire que les médecins disaient à Germain que c'était dans sa tête et que tout le monde pensait à l'hôpital qu'il simulait ! » Depuis que le diagnostic est tombé, Florence a entamé un nouveau combat. « Trouver un médecin qui puisse nous sortir de là. Ce que je voudrais, c'est que la Sécu cesse de harceler les praticiens qui tentent de nous aider et s'efforcent d'honorer au mieux leur serment. »

Faute de pouvoir soigner ses enfants en France, la mère de famille n'exclut pas d'aller aux Etats-Unis, où les médecins sont « plus libres d'adapter les traitements ». Mais elle sait que cette bataille sera longue et sans doute semée de faux espoirs. « C'est une bactérie très difficile à tuer et tellement intelligente que lorsqu'on donne des antibiotiques aux patients, elle est capable de se mettre en sommeil et de ressurgir plus tard. » Pour l'instant, Germain bénéficie régulièrement de traitements antibiotiques et son frère d'une prise en charge par intraveineuse. Vingt-huit jours d'une cure qu'il a terminée la veille de passer son brevet des collèges. « Il a été très courageux, salue la maman. Et il a obtenu son diplôme avec mention. »

Le Parisie

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Infections froides
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