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28 juillet 2016 4 28 /07 /juillet /2016 18:34

Pourquoi cent médecins, dont vous faites partie, s'engagent aujourd'hui publiquement sur ce sujet sensible ? Pourquoi écrivez-vous qu'il y a urgence ?


Le nombre de personnes touchées par ce que l’on appelle communément « Maladie de Lyme chronique » explose.


Les personnes concernées vivent des souffrances qui peuvent se révéler véritablement invalidantes et non reconnues par la majorité du corps médical.


Elles se disent très souvent rejetée par les praticiens et incomprises par l’entourage puisque la médecine nie cette pathologie. Isolées au plan social, voir familial, elles sombrent dans une dépression qui peut, à l’extrême, les conduire au suicide.


Certains médecins ont été poursuivis. Est-ce votre cas et si oui, pour quelles raisons ?
Non, pas encore


Pourquoi réclamez-vous un nouveau consensus thérapeutique ?


La conférence de consensus de 2006 ne reconnait que la phase aigüe dûment authentifiée par le test Elisa dont on connait la non fiabilité.


Elle prétend que tout est réglé par un traitement antibiotique de deux ou trois semaines et nie farouchement tout passage à la chronicité.


Pourquoi m'écriviez-vous lors d’un échange précédent « Que les questions soulevées dans la pétition « 100 médecins lancent l’alerte » correspondent à la partie émergée de problèmes beaucoup plus vastes en termes de médecine environnementale, généralement ignorés par les professionnels de santé » ?


Nous assistons à un développement exponentiel de toutes les maladies chroniques


Ce qu’on appelle Maladie de Lyme Chronique peut être vue comme le cas particulier d’un ensemble d’affections que l’on pourrait désigner par le sigle SIMS=Syndrome Inflammatoire Multi Systémique.


Cet ensemble comporte un sous ensemble, le LYME et les infections chroniques froides, qui en constituent la composante infectieuse.


On peut retrouver cette composante infectieuse, plus ou moins présente, dans toutes les maladies chroniques.


L’intrication avec des problèmes toxiques devient de plus en plus évidente.


Ces infections se développent souvent de façon opportuniste et témoignent autant d’un dramatique délabrement de notre environnement que de la fragilisation immunitaire galopante des individus.


Un enfant sur trois en Allemagne est atteint d’une maladie chronique incurable.


Celle-ci peut être bénigne comme l’asthme ou l’eczéma atopique ou, à l’autre extrême, très invalidante comme le diabète type 1 ou l’autisme.


Le nombre d’enfant souffrant d’un diabète type 1 (diabète grave insulinodépendant) a doublé en 10 ans et doublera à nouveau dans les 5 prochaines années.


Pourquoi la maladie de Lyme, qui existe pourtant depuis des années, semble-t-elle se développer de nos jours ?


Parmi les raisons du développement alarmant de cette affection nous pouvons mentionner :
1 - La dégradation dramatique de notre environnement, pollution de tout type et tout genre (métaux lourds, pesticides, malbouffe, stress, cocktail chimiques et nanoparticules omniprésentes, pollution électromagnétique…)
2 - L’érosion sans précédent de la biodiversité,
3 - La fragilisation immunitaire galopante des individus


Quelle est la différence entre la forme aiguë et la forme chronique ?


La forme aigüe survient après une morsure de tique infectante ou d’une nymphe beaucoup plus difficile à discernée (75%) Les symptômes les plus connus sont l’érythème migrant (une auréole rouge qui s’agrandit autour du point de piqure) ou un syndrome grippal.


Malheureusement beaucoup d’infections aigües sont asymptomatiques donc non reconnues.


Cependant il faut surtout retenir que la forme chronique peut survenir dans certains cas même lorsque la forme aigüe a été reconnue et bien soignée, ce que savent faire la plupart de mes confrères aujourd’hui.


Ce sont souvent des praticiens dévoués et soucieux de venir en aide à leurs patients. Encore faut-il qu’ils soient correctement informés et formés.


Il y aussi toutes les infections asymptomatiques qui ne sont pas dépistées et on parle de plus en plus de contaminations materno fœtales et sexuelles.


Différents auteurs mentionnent un passage vers la chronicité en deux étapes, phase secondaire et phase tertiaires.


En fait, ce passage est extrêmement insidieux avec des manifestions qui s’installent progressivement déjouant au départ la vigilance des patients autant que l’analyse des praticiens :


Fatigue, épuisement intermittent,
Douleurs fugaces et transitoires puis de plus en plus tenaces, d’allure bizarre ; crampes, coup de couteau, brûlure, arrachement, décharges électriques
Paresthésie, fourmillement, perte de sensibilité,


Parésies évoluant vers paralysie progressive avec impotence fonctionnelle d’un ou de plusieurs membres
Articulations douloureuses qui se dérobent, crampes musculaires, fragilisations tendineuses jusqu’à des ruptures inexpliquées
Céphalées migraines, vertiges, acouphènes
Crises de tachycardie, instabilité cardio circulatoire, hyper ou hypotension…
Troubles cognitifs, brume cérébrale, déficit de l’attention de la mémoire, troubles de l’élocution, difficulté à trouver les mots


Anxiété, dépression qui peuvent inaugurer ou se développer dans les sillages des troubles, parfois évolution vers des perturbations psychiatriques
Troubles digestifs omniprésents, mais parfois ignorés


Les investigations complémentaires, bilans sanguins, radio scan…se révèlent dans les limites de la normale et les sérologies sont interprétées comme sans particularité. De plus ces souffrances semblent ne pas répondre aux approches thérapeutiques conventionnelles (antalgiques, anti- inflammatoires, anxiolytiques, antidépresseurs…)


Pourquoi cette dernière n'est-elle pas reconnue et suscite-t-elle tant de polémique ?


Comme vous le savez et comme dit plus haut, la reconnaissance de la forme aigue est déjà problématique faute de tests fiables. Les formes dites chroniques, quoique parfois extrêmement invalidantes, donnent très peu de signes objectivables aujourd’hui par les examens : bilans sanguins, radiologiques (+IRM et SCAN…), histologiques, microbiologiques, endocriniens, immunologiques….


En fait, c’est l’observation clinique, l’écoute de la symptomatologie et son interprétation dans l’histoire de vie du patient qui oriente vers un « Syndrome Inflammatoire Multi Systémique » et l’hypothèse d’une composante infectieuse (Lyme et infections froides) ou toxique.


La composante toxique, souvent méconnue, est à l’origine d’une vulnérabilité immunitaire et de l’aggravation de la virulence des micro-organismes, d’où le développement opportuniste d’un grand nombre d’infections.


Ceci explique que souvent ces patients ont été rejetés, considérés comme simulateurs ou malades psychiatriques. Si on prend le temps d’une écoute sans prévention, alors la réalité de l’organicité des souffrances s’impose.


Encore cette après-midi, une patiente est venue en consultation et me répète ce que j’ai entendu des dizaines de fois…. « Je ne me reconnais plus… avant j’étais dynamique, active, efficace, et aujourd’hui je deviens une loque souffrante, complétement dépossédée de moi-même… »


Je pense que ces débats annoncent une véritable révolution paradigmatique en santé.


La médecine conventionnelle a fait des progrès véritablement prodigieux au niveau technique mais le nombre de malades chroniques explose.


Cette situation implique une vision intégrative et holistique de la santé en prenant en compte la problématique environnementale.


Le Journal « LE POINT » de la semaine dernière a publié une série d’articles passionnants sur « Le ventre, notre deuxième cerveau, ses pouvoirs insoupçonnés ».


Les recherches actuelles prétendent avoir fait des découvertes sans précédent sur le tube digestif, le microbiote intestinal et son importance dans la santé et l’évolution de l’humanité.


Ces découvertes toutes récentes datent de trois ou quatre ans.


Sait-on que la médecine holistique et intégrative propose des connaissances et des savoir-faire sur ces sujets à partir d’observations et d’expériences cliniques fondées sur une écoute attentive de la souffrance des patients depuis plusieurs décennies ?


Avez-vous été confrontés à des cas de patients dont les tests étaient négatifs ?


Je suis très souvent convié à accueillir des patients souffrant, à l’analyse des symptômes cliniques, de difficultés pouvant être qualifiés de « Syndrome Inflammatoire Multi Systémique ».


Cette analyse oriente fréquemment vers l’hypothèse d’une composante infectieuse ou d’une maladie de Lyme associée à des co- infections froides.
Parmi ces patients, les tests négatifs sont relativement nombreux.


Quels traitements préconisez-vous ?


Les antibiotiques sur le long terme sont-ils indispensables ?


Le traitement comporte plusieurs étapes Un traitement nutritionnel me parait incontournable avec une réforme alimentaire.


Ensuite je propose de soigner le « ventre » (le microbiote et la digestion). Des compléments pour renforcer l’immunité et le soutien aux différents systèmes organiques sont alors envisagés.


Une antibiothérapie séquentielle au long cours est parfois nécessaire. Il existe également de bons traitements en aromato phytothérapie.


Ne pas oublier l’importance primordiale de la détoxication et, dès que possible, de renouer avec les activités physiques et la vie sociale.


Peut-on guérir de la forme chronique de la maladie ? Comment ?


Je ne pense pas que l’on puisse guérir d’une forme chronique mais de bonnes améliorations sont possibles avec l’émergence, chez certains patients, de nouvelles énergies malgré leurs souffrances.


On assiste aussi à l’avènement de nouvelles prises de conscience.


Les patients deviennent souvent des partenaires expérimentés dans la recherche de solutions concrètes et le développement de nouveaux cheminements thérapeutiques.


Parmi les patients qui ont fait une évolution exemplaire et particulièrement remarquable, il faut mentionner la « grande dame du Lyme, Judith Albertat» Elle va sortir un second livre sur ce sujet. Grâce à son activité infatigable, elle est à l’origine de la fondation d’une association « I FOR LYME » pour la création d’un « Fond de dotation » consacré à la recherche sur la maladie de Lyme.


Cette association s’est constituée avec la participation du Rotary Club d’Alsace du nord, présidé par un homme d’intelligence et de cœur, Pascal Landry.


Le conseil scientifique de l’association I FOR LYME, dont je fais partie, est composé de six personnes dont les professeurs Zilbermann et Peronne sous la présidence de Stéphanie Simon.


Faute de l’implication des pouvoirs publics, la bonne volonté citoyenne libre et désintéressée prend la relève.


Lors d’un précédent échange téléphonique vous évoquiez quelques informations à partager à propos des confrères condamnés ?


Philippe BOTTERO et Marc ARER, deux médecins particulièrement remarquables viennent d’être condamnés par la juridiction ordinale et la sécurité sociale pour des faits en lien avec leur implication dans le traitement de la maladie de Lyme. Ils bénéficiaient tous deux du soutien de nombreux patients et médecins dont les Professeurs Montagnier, Perronne et Trouillas. Philippe Bottero est un ami personnel.


Je connais bien son histoire. Médecin généraliste dans la petite ville de Nyons en Drôme provençale, très dévoué à ses patients, il a été le seul en France à tenir depuis 1980 la piste des co infections froides dans de nombreuses affections chroniques.


Avec une intelligence remarquable et un sens clinique exceptionnel, il a développé, soigné et expérimenté une approche digne d’être couronnée par un Prix Nobel de Médecine.


Ses recherches font référence à d’éminents chercheurs et infectiologues tels que P. Giroud (professeur à l'Institut Pasteur) et J.B. Jadin (professeur à l’Institut Prince Léopold, Anvers, Belgique) et un médecin militaire Colonel P. le Gac.


Philippe Bottero a publié ses travaux dans des revues scientifiques médicales françaises mais ses recherches, ignorées dans l’hexagone ont été repérés aux USA. En raison de la qualité et de la pertinence de ses publications, il a été invité à les présenter au cours d’un congrès international à SIDNEY en1998, ce qui lui a valu d’être consacré dans différents cercles internationaux.


Ci-dessous le titre de sa dernière publication en 2009. PATHOLOGIES CHRONIQUES ASSOCIEES A LA PERSISTANCE D’AGENTS INFECTIEUX ESSENTIELLEMENT BACTERIENS.
Par Le Docteur Philippe Bottero, membre du Collège international de Rickettsiologie (1987), membre de l’Association Américaine pour L’Avancement de la Science (USA 2000), de l’American Chemical Society (2006), de l’Académie des Sciences de New York (USA 2007), membre associé de Charles Darwin Society (2009).


Ses juges ont évoqué l’usurpation fallacieuse de titres scientifiques. Il aurait même été mis en cause comme éminence grise d’un groupuscule de médecins dissidents et charlatans.


En 2006 Philippe Bottero a soigné avec succès une personne qui était également la patiente du Pr. Montagnier Prix Nobel de Médecine. Le Pr Montagnier a reconnu d’emblée la pertinence du diagnostic et du traitement proposé par le « petit médecin de campagne » et l’a invité à venir expliquer sa démarche.


Impressionné par le travail remarquable de Philippe Bottero il a fondé le collectif d’expert CHRONIMED pour approfondir et élargir la réflexion, les échanges et les recherches au sujet des maladies chroniques.


Ceci dévoile l’humanité, la modestie, la noblesse et l’ouverture scientifique du professeur Montagnier. Ceux qui connaissent notre cher « Prix Nobel » évoqueront sa générosité, sa génialité et la dimension visionnaire de ses démarches.


https://www.facebook.com/notes/albert-werkmann/interview-du-docteur-werckmann-albert-par-marielle-bastide-journaliste-%C3%A0-la-mont/155292924878781

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Infections froides
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