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23 juillet 2016 6 23 /07 /juillet /2016 15:42

Maladie de Lyme : cent médecins, dont trois Auvergnats, alertent le gouvernement




Dans une pétition adressée au gouvernement et publiée sur l'Obs, plus de cent médecins lancent un appel d'urgence à propos de la maladie de Lyme.


Parmi eux, trois praticiens auvergnats dénoncent la méconnaissance de la forme chronique de la maladie et le manque de fiabilité des tests.


Après la mobilisation de malades qui souhaitent mener une action en justice pour améliorer le diagnostic de la maladie de Lyme, c'est au tour de la communauté médicale de s'engager.


Dans un appel d'urgence publié sur l'Obs, une centaine de professionnels de santé prennent position et alertent le gouvernement, qui doit annoncer un plan national d'action au mois de septembre.


Parmi ces médecins, trois Auvergnats, dont le docteur Philippe Cliquet, installé à Clermont-Ferrand, Véronique Dacher, homéopathe à Chamalières (Puy-de-Dôme) et enfin Albert Werckmann, pédopsychiatre à Bourbon-l'Archambault (Allier). Ce dernier nous explique pourquoi il a signé cette pétition.


Pourquoi cent médecins, dont vous faites parti, s'engagent aujourd'hui publiquement sur ce sujet sensible ?


Jusque-là nous étions absorbés par les soins et l’accompagnement de nos patients mais les procès nous ont révélé qu’il fallait aussi nous rassembler pour faire connaitre notre démarche au service des personnes souffrantes. Certains de nos collègues ont des problèmes et là, on en a marre. Surtout lorsqu'on voit le développement incroyable de la maladie !


Les personnes concernées vivent des souffrances qui peuvent se révéler véritablement invalidantes et non reconnues par la majorité du corps médical. Elles se disent très souvent rejetées par les praticiens et incomprises par l’entourage puisque la médecine nie cette pathologie.


Pourquoi la maladie de Lyme, qui existe pourtant depuis des années, semble-t- elle se développer de nos jours ?


Nous assistons à un développement exponentiel de toutes les maladies chroniques. Ces infections se développent souvent de façon opportuniste et témoignent autant d’un dramatique délabrement de notre environnement que de la fragilisation immunitaire galopante des individus.


Pourquoi réclamez-vous un nouveau consensus thérapeutique ?


La conférence de consensus de 2006 ne reconnaît que la phase aiguë dûment authentifié par le test Elisa dont on connaît la non fiabilité. Elle prétend que tout est réglé par un traitement antibiotique de deux ou trois semaines et nie farouchement tout passage à la chronicité. Ce dernier est extrêmement insidieux avec des manifestions qui s’installent progressivement déjouant au départ la vigilance des patients autant que l’analyse des praticiens.


Pourquoi la forme chronique n'est-elle pas reconnue et suscite-t- elle tant de polémiques au sein du corps médical ?


La reconnaissance de la forme aiguë est déjà problématique faute de tests fiables. Les formes dites chroniques, quoique parfois extrêmement invalidantes, donnent très peu de signes objectivables aujourd’hui par les examens aux différents niveaux sanguins, radiologiques, histologiques, microbiologiques, endocrinologues, immunologiques… En fait, c’est l’observation clinique, l’écoute de la symptomatologie et son interprétation dans l’histoire de vie du patient qui oriente vers le diagnostic.


Peut-on guérir de la forme chronique de la maladie ? Comment ?


Je ne pense pas que l’on puisse guérir d’une forme chronique mais de bonnes améliorations sont possibles. Un traitement nutritionnel me parait incontournable avec une réforme alimentaire. Ensuite je propose de soigner le « ventre », le microbiote et la digestion. Des complémentations diverses pour l’immunité et le soutien aux différents systèmes organiques sont alors envisagés. Une antibiothérapie séquentielle au long cours est parfois nécessaire. Il existe également de bons traitements en aromatophytothérapie. Ne pas oublier l’importance de la détoxiquation et, dès que possible, de renouer avec les activités physiques et la vie sociale.


A travers ces questions, n'est-ce pas deux conceptions de la médecine qui s'opposent ?


Je pense que ces débats annoncent une véritable révolution paradigmatique en santé. La médecine conventionnelle a fait des progrès véritablement prodigieux au niveau technique, mais le nombre de malades chroniques explose. Ceci implique une vision intégrative et holistique de la santé en intégrant la dimension environnementale. Pour moi, ces deux médecines ne s'opposent pas, elles sont complémentaires.


On assiste aussi à l’avènement d’une nouvelle conscience. Les patients deviennent souvent des partenaires expérimentés dans la recherche de solutions concrètes et le développement de nouveau cheminements thérapeutiques.


> A lire aussi : l'interview du docteur Werckmann dans son intégralité


La pétition :
https://infogr.am/e6f9a44a-cf2d-4d10-8135-cc0b53062836

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Infections froides
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