Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
4 juin 2016 6 04 /06 /juin /2016 16:32

Des chercheurs allemands ont testé sur l’homme un traitement qui permet au corps de se défendre de lui-même contre le cancer.

Contre le cancer, chaque traitement prometteur est une petite victoire. Alors qu’il reste la première cause de mortalité en France et dans de nombreux pays développés, chaque nouveau traitement fait aussi l’objet d’une grande attention. Cette semaine, celle-ci s’est portée sur une publication dans la revue « Nature » qui a relancé un espoir vieux de plus de cent ans : l’immunothérapie.

L’étude, réalisée par l’institut de recherche TRON et l’entreprise BioNTech AG, tous deux basés en Allemagne, décrit un nouveau traitement d’abord testé sur des souris puis sur trois patients. L’ensemble des sujets, animaux ou humains, présentaient des cellules cancéreuses : de différents cancers pour les souris, et d’un cancer de la peau, ou mélanome, pour les humains. Tous ont très bien réagi au traitement, qui a permis de renforcer leurs défenses immunitaires pour qu’elles détruisent d’elles-mêmes les cellules cancéreuses.

Détecter les cellules cancéreuses, un combat

Cette détection par le corps lui-même des cellules cancéreuses est le principe de l’immunothérapie. Naturellement, notre système immunitaire n’arrive pas à repérer les cellules saines des cellules cancéreuses, participant même parfois sans le savoir à renforcer le cancer. Là où ce traitement intervient, c’est qu’il permet de faire comprendre à des anticorps bien particuliers qui sont ces cellules cancéreuses. De là, les anticorps font le reste.

Ce principe, s’il paraît simple sur le papier, est en réalité très délicat à réaliser. Le défi est de faire comprendre aux anticorps où se trouvent les tumeurs sans qu’ils ne s’attaquent à des parties vitales de notre corps.

Des nanoparticules pour avertir le système immunitaire

Pour ce faire, les scientifiques de TRON et BioNTech AG ont utilisé des nanoparticules contenant l’information sur le type de cellule cancéreuse à abattre. Injectées en intraveineuse, ces nanoparticules ont été dirigées naturellement, grâce à une composition chimique adaptée, vers les « éclaireurs » des anticorps, les cellules dendritiques.

Ces cellules dendritiques, si elles détectent une menace, activent le reste de la troupe des anticorps, et plus particulièrement les cellules macrophages : les cellules dites « T ». Elles sont l’arme lourde de notre système immunitaire. Une fois la cible repérée, elles l’entourent et la « mangent » pour l’éliminer. C’est ce processus, que l’on retrouve en général lorsqu’un virus est détecté par l’organisme, qu’ont réussi à reproduire les chercheurs pour le mélanome et chez les souris.

« L’espoir de portées thérapeutiques significatives »

Là où cette étude parue dans « Nature » est prometteuse, c’est que la réponse immunitaire observée a été forte. En d’autres termes, le corps a pris des mesures radicales contre la menace cancéreuse pour l’éliminer le plus vite possible, ce qui n’avait pas été observé jusqu’à présent. Pour l’estimer, les scientifiques quantifient la présence d’une protéine au nom étrange : IFN-α (alpha). Plus elle est présente, et plus la réponse immunitaire est forte.

Et maintenant ? Comme le soulignent Jolanda de Vries et Carl Fidgor, des experts en immunothérapie à l’université Radboud (Pays-Bas), « des études plus poussées et plus larges seront nécessaires pour valider ce résultat encourageant ». « Il y a encore beaucoup de chemin à faire, mais cette étude relance l’espoir de portées thérapeutiques significatives », estime quant à lui Wilfried Moreira, docteur en microbiologie et immunologie à l’université de Singapour. Quoiqu’il en soit, les chercheurs semblent avoir aujourd’hui une piste sérieuse. ■


Les échos

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Concept
commenter cet article

commentaires