Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
7 avril 2016 4 07 /04 /avril /2016 16:09

« La piste inflammatoire pour expliquer certaines dépressions »

« l'étude d'une maladie rare, la mastocytose, révèle qu'un mécanisme inflammatoire peut être à l'origine de certaines dépressions résistantes. Un espoir en matière de nouveaux traitements ».


« une étude, menée au sein des hôpitaux Necker de l'APHP, Sainte-Anne et de l'institut Imagine, chez des patients atteints de mastocytose, une maladie inflammatoire rare, montre qu'un mécanisme au niveau du cerveau peut être à l'origine des symptômes dépressifs et anxieux présents chez 50% d'entre eux ».


« la mastocytose est caractérisée par l'accumulation de mastocytes, des cellules de l'immunité innée résidant dans les organes, responsables entre autres de l'allergie. Ces cellules s'activent en l'absence d'allergène ou d'agression par un agent étranger et libèrent ainsi spontanément des molécules dont certaines sont médiatrices de l'inflammation ».


« Les résultats obtenus par les Drs Sophie Georgin-Lavialle, spécialiste en médecine interne, et Daniela Moura, spécialiste en psychologie, publiés dans Molecular Psychiatry, montrent que l'activation des mastocytes induit une diminution de la formation de la sérotonine, connue pour être basse en cas de dépression ».


« les patients atteints de mastocytose présentent des symptômes physiques comme des «boutons», des troubles osseux, respiratoires, digestifs et hépatiques qui sont calmés par des médicaments régulant l'activité des mastocytes et bloquant les effets des molécules de l'inflammation libérés. En revanche, […] 50% des patients restent très handicapés par des symptômes neuropsychiatriques. Dépression, fatigue, angoisse ou amnésie transitoire résistent aux traitements antidépresseurs classiques ».


Oliver Hermine, professeur en hématologie à Necker et coordinateur du centre de référence de la mastocytose, remarque ainsi que « pour beaucoup, tout acte de la vie quotidienne leur demande un effort de concentration très important à tel point que parfois le patient a l'impression que le courant est coupé ».
« De sa volonté de soulager les patients, alliée aux résultats de précédentes études évoquant le lien entre inflammation et dépression, naît l'idée d'explorer la piste inflammatoire et le rôle des mastocytes au niveau cérébral comme origine des troubles psychiques afin de trouver des cibles pour de nouveaux médicaments
», « il lance donc […] une étude pour examiner l'influence de la surproduction de molécules messagères de l'inflammation par les mastocytes du cerveau sur la sérotonine, connue pour être basse en cas de dépression. Les chercheurs analysent le sang et les symptômes dépressifs de 54 patients atteints de mastocytose et les comparent à 54 patients sains ».


Le Pr Raphaël Gaillard, professeur de psychiatrie et chef de pôle à l'hôpital Sainte-Anne, observe que « plus les symptômes dépressifs sont sévères chez les patients, plus les taux sanguins de sérotonine et de son précurseur le tryptophane, acide aminé apporté par l'alimentation, sont bas ».


« Dans le même temps, le taux d'une molécule neurotoxique pouvant être aussi synthétisée à partir du tryptophane est très élevé ».

Le Dr Georgin-Lavialle relève que « les molécules médiatrices de l'inflammation détournent la transformation du tryptophane en sérotonine vers celle d'un composé neurotoxique, l'acide quinolénique, ce qui est à l'origine des symptômes neurologiques et dépressifs ».
Le Figaro souligne enfin que « cette découverte ouvre des perspectives pour développer de nouveaux médicaments antidépresseurs qui permettraient de réguler l'activité des mastocytes ou de bloquer l'action de son dérivé neurotoxique, l'acide quinolénique. Ceci chez les patients atteints de mastocytose mais aussi chez des patients sains résistants aux traitements antidépresseurs classique dont les mastocytes pourraient être suractivés même en dehors de toute mastocytose. D'autres molécules de l'inflammation pourraient aussi être la cible de ces futurs médicaments ».

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED
commenter cet article

commentaires